85 personnes ont autant que 3,5 milliards d’individus

Article de Patrick Le Hyaric

Ces informations sont aussi incroyables que révoltantes : les 85 personnes les plus riches de la planète ont, à elles seules, autant de patrimoine que 3,5 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale. Entre les années 1980 et 2012, un pour cent des plus fortunés ont acquis un patrimoine de 110 000 milliards de dollars, soit 65 fois plus que la moitié de la population mondiale la plus pauvre. Jamais sans doute le monde n’a disposé de tant de richesses, de tant de capacités pour permettre le mieux être pour toutes et tous, et pourtant, jamais les richesses ne se sont accumulées à ce point à un petit pôle des sociétés contre l’immense majorité. Qu’à l’intérieur de ces tendances existent dans certains grands pays des évolutions dans lesquelles des couches nouvelles accèdent à la prospérité ne change pas la logique générale. Encore qu’il est intéressant d’observer que s’opèrent des améliorations là où les dirigeants des pays, aiguillonnés par des mouvements sociaux diversifiés, refusent l’engrenage des déréglementations capitalistes à tout va, comme au Brésil, en Chine, en Inde ou en Afrique du Sud. Autant de pays d’ailleurs où les plus pauvres ne cessent de réclamer par l’action toujours plus de justice sociale.

 

Le gotha mondial du monde des affaires, réuni la semaine dernière à Davos, s’en inquiète. L’économiste en chef de cette institution, M. Jennifer Blanke a poussé ce cri de panique devant la presse : « Regardez ce qu’il s’est passé avec le printemps arabe. Regardez ce qu’il s’est passé au Brésil. Regardez en Afrique du Sud, les gens ne peuvent tout simplement plus le supporter ». Ceci ne signifie en rien que les grands décideurs mondiaux vont se convertir à la justice sociale et écologique. Non, bien sûr ! Leur principale question est d’obtenir un certain consentement des populations à leurs choix, une intégration des citoyens à un système si gravement en crise qu’il est à la merci d’un cumul de crises sociales, budgétaires, environnementales, dont celle de l’eau, qui, avec le chômage, la mal vie galopante et la faim, peuvent provoquer un écroulement du système mondial. C’est d’ailleurs le même M. Blanke qui l’avoue : « Chaque risque examiné… dit-il… pourrait provoquer une défaillance à l’échelle mondiale. Mais c’est leur interconnexion qui accentue leurs effets négatifs au point qu’ensemble, ces effets pourraient être décuplés ».

 

Voilà qui en dit long sur l’échec du système capitaliste, de plus en plus financiarisé et mondialisé qui permet l’accaparement des richesses par une infime minorité. C’est le résultat de politiques décidées ces dernières années, avec les déréglementations financières, les programmes d’austérité, la diminution des taux d’imposition sur le capital et les très hauts revenus, la tolérance ou l’organisation de l’évasion fiscale. Cela aboutit de plus en plus à une confiscation des pouvoirs par l’oligarchie financière et à un recul de la démocratie. C’est le cas particulièrement dans l’Union européenne, où les gouvernements appliquent des politiques d’austérité et de régression sociale, sous la dictée d’institutions européennes non élues et de la Banque centrale européenne. Les salariés sont maltraités tandis que les profits des grandes entreprises et la rémunération des actionnaires atteignent des niveaux vertigineux. La fortune des dix personnes les plus riches d’Europe dépasse désormais le coût total des mesures publiques de relance mises en place dans l’Union européenne. Autrement dit, les choix actuels conduisent à plus de chômage et de pauvreté, tandis que les riches deviennent toujours plus riches.

 

Que dans un tel contexte, F. Hollande fasse droit en priorité aux demandes du grand patronat et du Medef est lourd de conséquences pour l’avenir, alors que jusque là, la gauche s’était toujours efforcée de réduire les inégalités par un meilleur partage des richesses. Preuve est faite que la multiplication des cadeaux sociaux et fiscaux au grand patronat ne crée pas de travail mais favorise la spéculation financière. Celui-ci n’est jamais rassasié. Voici qu’après avoir obtenu 30 milliards de cadeaux, il en réclame 60, sans aucune contrepartie. Face à cette pression, le mouvement social et progressiste doit se lever, particulièrement le 8 février prochain.  On ne peut plus accepter que 10% des plus fortunés disposent de la moitié des richesses mondiales tandis que 90% de la population se partagent le reste. La fuite en avant ultralibérale en Europe, la capitulation d’une partie de la gauche devant le mur de l’argent, le projet du marché de libre-échange transatlantique et trans-pacifique, aggraveraient encore les choses. Seul un mouvement unitaire, déterminé, conscient, peut inverser les choses en agissant pour des fiscalités progressives, favorables au travail et dissuasives de la spéculation ; la mise en place d’un crédit public pour le développement humain et écologique ; la lutte contre l’évasion fiscale et le retour des réglementations du flux du capital ; l’incitation à des projets de coopération entre peuples à la place de la concurrence acharnée, ou encore des appropriations publiques et sociales contre l’accaparement privé des richesses, peuvent ouvrir une nouvelle voie pour l’humanité.

Analyse de l’affaire d’Ukraine

Je reproduis ci-dessous un article publié par Nicolas  Bárdos-Féltoronyi, professeur émérite de l’UCL.

JP. Duval

 

A propos de l’affaire d’Ukraine, je suis d’abord amené à formuler quelques remarques.

 

  1. Ces vingt dernières années, la décision politique des PECO de se joindre à l’UE s’est avérée économiquement désastreuse. En la préparant et après l’adhésion à l’UE, ces pays ont perdu près de la moitié de leur production industrielle et une partie considérable de leur production agricole.
  2. Ces pays ont aussi subi une dévaluation du potentiel humain de la population, avec une réduction sensible des conditions du travail, une fuite massive des cerveaux et une émigration des plus jeunes.
  3. Ils ont perdu le contrôle de leur système bancaire et de leurs principales entreprises, qui ont été absorbées par les multinationales principalement européennes. Certains de ces pays étant fort endettés auprès des banques, leur dépendance de ces dernières est devenue quasi absolue.

 

Dans l’hypothèse de l’admission de l’Ukraine, celle-ci n’avait guère de raisons d’espérer un meilleur sort. Dans les propositions budgétaires modestes de l’UE, l’Ukraine ne pouvait guère voir une compensation quelconque. Une partie de la population ukrainienne refuse de prendre considération cet aspect des choses et manifeste, avec le soutien visible d’un certain nombre de politiciens et diplomates ouest-européens et américains.

 

Plus fondamentalement, avec sa politique du « voisinage », l’UE a en réalité tenté à « arracher » l’Ukraine à la Russie. Il n’est guère étonnant que la tentative ait échoué. En fait, Moscou presse Kiev d’adhérer à l’Union douanière créée par la Russie avec d’autres ex-républiques soviétiques et Bruxelles déclare, à tort, incompatible cette adhésion avec l’accord d’association négocié.L’UE n’a au fond jamais accepté la politique de neutralité de l’Ukraine et ce, peut-être, sous l’influence des EUA. De son côté, Washington essaie constamment à grignoter la position de la Russie et ici, par le biais de l’Ukraine. Moscou évidemment ne se laisse pas faire et procède à des manœuvres diplomatiques habituelles des grandes puissances par l’usage alterné de la carotte et du bâton.

 

Enfin, en suspendant son accord d’association à l’UE, l’Ukraine a peut-être échappé de justesse à la mise en coupe réglée de son agriculture et de ses manufactures par des multinationales financières et agroalimentaires européennes et américaines qui en auraient profité en outre  pour prendre le contrôle des millions de hectares de terres les plus riches du monde. Du reste, on oublie que l’Ukraine est ipso facto et militairement neutre par disposition constitutionnelle.

 

Désormais, l’Ukraine attendra de meilleures conditions pour signer un accord d’association avec l’UE, a annoncé le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, malgré l’opposition qui manifestait à Kiev pour réclamer la signature de l’accord. Le président ukrainien a défini cinq conditions, pour que son pays signe l’accord d’association avec l’UE. Il s’agit notamment de

Ø      la restauration de la coopération avec le Fonds monétaire international (FMI),

Ø      la révision des relations commerciales Ukraine-UE,

Ø      la participation de l’UE dans la modernisation du système de transport du gaz et

Ø      la levée de contradictions dans la coopération économique de l’Ukraine avec la Russie et les pays de l’Union douanière.

Le principal argument de Kiev contre l’accord commercial, c’est qu’il coûterait trop cher. Une des raisons pour lesquelles l’intégration de l’Ukraine avec l’UE coûterait tant est qu’elle empêcherait l’accès aux marchés traditionnels russes. L’UE s’est déclaré de ne pas en mesure de financer le manque à gagner.

 

Pour 2013, la Maison blanche avait alloué 100 millions de dollars pour le « soutien des processus démocratiques » en Ukraine. Par conséquent la rencontre entre l’ambassadeur américain, Nuland, et les leaders des partis d’opposition était en fait un compte-rendu des exécutants des manifestations devant le principal mécène des événements à Kiev. Il est à supposer qu’un consensus ait été trouvé – à en juger par les sourires paisibles des leaders de l’opposition et le commentaire de Nuland en personne, qui a qualifié l’entretien avec l’opposition de « fructueux ».

 

La stratégie non militaire des EUA, c’est-à-dire la mobilisation des moyens financiers dégagés via leurs ambassades, des fondations et les ONG, qui permettent d’entretenir à travers le monde des milliers d’associations et des dizaines de milliers ou plus de politiques, de « militants de la société civile » et de journalistes dans la propagation des thèmes et des images de la propagande américaine  fonctionne bien entendu en Ukraine aussi. Un sujet qui dérange, bien sûr… et dont les médias francophones préfère généralement ne pas parler, surtout dans les milieux qui vont à la mangeoire ! L’avantage de beaucoup de fondations US, pour ceux qui désirent s’informer, c’est qu’elles sont parfois transparentes. Ainsi, la grande fondation reaganienne NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY, qui publie régulièrement la liste de ses protégés et les montants alloués.

 

« Devant 200 000 manifestants anti-gouvernementaux (chiffres occidentaux) le sénateur étatsunien John McCain a déclaré le 15 décembre 2013 « Le monde libre est avec vous, l’Amérique est avec vous, je suis avec vous … Ukraine améliorera l’Europe et l’Europe améliorera l’Ukraine. » McCain et le président de la sous-commission Europe du Sénat américain Chris Murphy ont rencontré divers représentants de l’opposition comme l’ex-champion de boxe Vitaly Klitchko, l’ex-ministre de l’économie Arseny Yatsenyouk et le nationaliste d’extrême droite Oleh Tyahnybog. Tyahnybog jusque là était surtout connu pour ses prises de position antisémites.

 

Au même moment, le gouvernement des Etats-Unis suit aussi la pente de l’ingérence « Je ne vais pas entrer dans les détails (mais) nous envisageons certaines options politiques –bien évidemment aucune décision n’a été prise– et les sanctions en font partie », a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine Jennifer Psaki. Le même jour également, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a mis en garde son homologue ukrainien Pavlo Lebedev contre tout envoi de soldats contre les opposants: « Il a souligné les dégâts que pourraient causer toute intervention de l’armée pour réprimer les manifestations ».» (Ukraine : les Etats-Unis menacent, et McCain rencontre l’extrême-droite, AtlasAlternatif, 16 décembre 2013)

 

Je me demande quelle serait la réaction des « occidentaux » ou de nos « atlantistes » si les députés russes se promenaient et manifestaient dans les rues de Kiev contre le gouvernement du pays, si les ONG russes proches du gouvernement soutenaient des manifestations à Vienne (capitale d’un pays neutre comme l’Ukraine) ou si les ministères des affaires étrangères et de défense à Moscou profanaient ou menaçaient le président ou les ministres américains.

 

Un accord significatif slovaco-ukrainien : rapprochement progressif à l’UE ?

 

L’Ukraine a signé un accord de fourniture de gaz avec la Slovaquie en janvier 2014. L’accord est signé par Ukrtransgaz, la branche transport de l’entreprise publique ukrainienne Naftogaz, et l’exploitant slovaque de gazoducs Eustream. Selon l’accord, un renversement du sens de circulation du gaz sera mis en place entre les deux pays. Ainsi, Kiev pourrait acheter du gaz naturel de l’UE et en importer chaque année au moins 10 milliards de mètres cubes de gaz via la Slovaquie. Antérieurement, Kiev avait temporairement interrompu ses achats de gaz en provenance d’Europe en raison des coûts élevés.

 

L’Ukraine achète du gaz de l’UE à environ 400 dollars les 1 000 mètres cubes, alors que la Russie le lui vendait à un prix de 268,5 dollars les 1.000 mètres cubes au premier trimestre de 2013. Le pays s’approvisionne également en gaz auprès de l’énergétique allemand RWE en l’important via la Pologne et la Hongrie. L’an dernier, l’Ukraine a importé près de deux milliards de mètres cubes de gaz d’UE, alors qu’en 2013, l’Ukraine a acheté à la Russie 28 milliards de mètres cubes de gaz.

 

 

Nicolas Bárdos-Féltoronyi

Invitation atelier illustration et écriture Marché transatlantique

 

Le Club Chavée a le plaisir de vous convier aux ateliers illustration et écriture (public adulte)

les samedis de 14h à 17h00 :

 

1er et 15 février,

1er, 15 et 29 mars,

26 avril,

17 mai,

Le 14 et 28 juin 2014

 

Les ateliers se dérouleront 34 rue Abelville à La Louvière.

Ils seront animés par Antonio Riggi (illustration)

et Nathalie Rozza (écriture)

 

Sur le feu, les accords d’un marché transatlantique se mitonnent discrètement pour 2015 !

Après multiples conférences-débats aux 4 coins de la Wallonie, un projet d’atelier créatif est mis en place pour élaborer un outil de sensibilisation visant à mettre en garde les citoyens sur les conséquences d’un tel marché…

 

Il n’est pas trop tard pour agir… A nos crayons citoyens !

 

Le groupe décidera de la forme finale de la réalisation selon les échanges et  discussions qui s’enchaineront au fil des ateliers et aussi selon les compétences, le savoir-faire des participants.    

 

L’inscription est vivement souhaitée auprès

de  nathalie.rozza@skynet.be ou club.achille.chavee@skynet.be

Avec le soutien de la DGAC de la province du Hainaut.

Editeur responsable : Nathalie ROZZA 34, rue Abelville 7100La Louvière

GRANDE SURFACE Chssée d’Houdeng

Le collège communal avait émis un avis défavorable sur cette implantation d’une succursale Delhaize ( en Alimentaire).

Cette société a dès lors introduit un recours auprès de  la Région wallonne qui a marqué son accord.

Notons au passage que la commune a le droit de taxer ces locaux affectés au commerce, lorsque ceux-ci sont pris pour le compte d’une personne morale non inscrite au registre de la population de la commune. Peut-être que cette majorité reverra sa position !

R.C.A. Régie communale autonome.

R.C.A.  retenez bien cette abréviation de régie communale autonome, elle sera plus que probablement très employée dans un proche avenir.

Vous avez bien lu la copie du budget. La rémunération de G.  est bien de 41.269 € et de 14.781€ pour le 1/2 temps de E.

Nous constatons également que dans les projections budgétaires ordinaires, les prévisions de subsides ( à l’ordinaire) sont de :

2014 :  226.335 €             2015   198.873 €      2016  116.500 €

2017   119.952 €              2018   123.126 €

et à l’extraordinaire :  135.905 € pour 2014 et 311.780 € pour 2015.

Ces subsides sont entièrement à charge du budget communal……

LES SUBSIDES EUROPEENS

http://www.belpa.be/pub/FR/data.html#last

Vous trouverez sur ce lien ( entrer le code postal) les bénéficiaires de  ces subsides. Ne sont rendus publics que les subsides accordés à des associations, sprl, etc… La personne physique n’est plus mentionnée. Remarquons au passage que la société ALVA  ( ALdo VAstapanne) ne figure plus au Roeulx !!!. Sont toujours bien présents les sociétés de MM.  Sauvage  et Delhove.

EVANGELII GAUDIUM…..

Notre fidèle lecteur AC en date du 21/12 reproduisait sur notre site quelques paroles du pape François telles que  » le libéralisme est un système qui nie la primauté de l’être humain » . Mais dans cette Evangelii Gaudium, le pape  développait et nous le citons :

« Non à une économie de l’exclusion

53. De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue. Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voilà l’exclusion. On ne peut plus tolérer le fait que la nourriture se jette, quand il y a des personnes qui souffrent de la faim. C’est la disparité sociale. Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Comme conséquence de cette situation, de grandes masses de population se voient exclues et marginalisées : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route la culture du “déchet” qui est même promue. Il ne s’agit plus simplement du phénomène de l’exploitation et de l’oppression, mais de quelque chose de nouveau : avec l’exclusion reste touchée, dans sa racine même, l’appartenance à la société dans laquelle on vit, du moment qu’en elle on ne se situe plus dans les bas-fonds, dans la périphérie, ou sans pouvoir, mais on est dehors. Les exclus ne sont pas des ‘exploités’, mais des déchets, ‘des restes’.

54. Dans ce contexte, certains défendent encore les théories de la “rechute favorable”, qui supposent que chaque croissance économique, favorisée par le libre marché, réussit à produire en soi une plus grande équité et inclusion sociale dans le monde. Cette opinion, qui n’a jamais été confirmée par les faits, exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant. En même temps, les exclus continuent à attendre. Pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s’enthousiasmer avec cet idéal égoïste, on a développé une mondialisation de l’indifférence. Presque sans nous en apercevoir, nous devenons incapables d’éprouver de la compassion devant le cri de douleur des autres, nous ne pleurons plus devant le drame des autres, leur prêter attention ne nous intéresse pas, comme si tout nous était une responsabilité étrangère qui n’est pas de notre ressort. La culture du bien-être nous anesthésie et nous perdons notre calme si le marché offre quelque chose que nous n’avons pas encore acheté, tandis que toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon.

Non à la nouvelle idolâtrie de l’argent

55. Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons établie avec l’argent, puisque nous acceptons paisiblement sa prédominance sur nous et sur nos sociétés. La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a à son origine une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain ! Nous avons créé de nouvelles idoles. L’adoration de l’antique veau d’or (cf. Ex 32, 1-35) a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain. La crise mondiale qui investit la finance et l’économie manifeste ses propres déséquilibres et, par-dessus tout, l’absence grave d’une orientation anthropologique qui réduit l’être humain à un seul de ses besoins : la consommation.

56. Alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s’instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable. De plus, la dette et ses intérêts éloignent les pays des possibilités praticables par leur économie et les citoyens de leur pouvoir d’achat réel. S’ajoutent à tout cela une corruption ramifiée et une évasion fiscale égoïste qui ont atteint des dimensions mondiales. L’appétit du pouvoir et de l’avoir ne connaît pas de limites. Dans ce système, qui tend à tout phagocyter dans le but d’accroître les bénéfices, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue.

Non à l’argent qui gouverne au lieu de servir

57. Derrière ce comportement se cachent le refus de l’éthique et le refus de Dieu. Habituellement, on regarde l’éthique avec un certain mépris narquois. On la considère contreproductive, trop humaine, parce qu’elle relativise l’argent et le pouvoir. On la perçoit comme une menace, puisqu’elle condamne la manipulation et la dégradation de la personne. En définitive, l’éthique renvoie à un Dieu qui attend une réponse exigeante, qui se situe hors des catégories du marché. Pour celles-ci, si elles sont absolutisées, Dieu est incontrôlable, non-manipulable, voire dangereux, parce qu’il appelle l’être humain à sa pleine réalisation et à l’indépendance de toute sorte d’esclavage. L’éthique – une éthique non idéologisée – permet de créer un équilibre et un ordre social plus humain. En ce sens, j’exhorte les experts financiers et les gouvernants des différents pays à considérer les paroles d’un sage de l’antiquité : « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs ».[55]

58. Une réforme financière qui n’ignore pas l’éthique demanderait un changement vigoureux d’attitude de la part des dirigeants politiques, que j’exhorte à affronter ce défi avec détermination et avec clairvoyance, sans ignorer, naturellement, la spécificité de chaque contexte. L’argent doit servir et non pas gouverner ! Le Pape aime tout le monde, riches et pauvres, mais il a le devoir, au nom du Christ, de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter et les promouvoir. Je vous exhorte à la solidarité désintéressée et à un retour de l’économie et de la finance à une éthique en faveur de l’être humain.

Non à la disparité sociale qui engendre la violence

59. De nos jours, de toutes parts on demande une plus grande sécurité. Mais, tant que ne s’éliminent pas l’exclusion sociale et la disparité sociale, dans la société et entre les divers peuples, il sera impossible d’éradiquer la violence. On accuse les pauvres et les populations les plus pauvres de la violence, mais, sans égalité de chances, les différentes formes d’agression et de guerre trouveront un terrain fertile qui tôt ou tard provoquera l’explosion. Quand la société – locale, nationale ou mondiale – abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même, il n’y a ni programmes politiques, ni forces de l’ordre ou d’intelligence qui puissent assurer sans fin la tranquillité. Cela n’arrive pas seulement parce que la disparité sociale provoque la réaction violente de ceux qui sont exclus du système, mais parce que le système social et économique est injuste à sa racine. De même que le bien tend à se communiquer, de même le mal auquel on consent, c’est-à-dire l’injustice, tend à répandre sa force nuisible et à démolir silencieusement les bases de tout système politique et social, quelle que soit sa solidité. Si toute action a des conséquences, un mal niché dans les structures d’une société comporte toujours un potentiel de dissolution et de mort. C’est le mal cristallisé dans les structures sociales injustes, dont on ne peut pas attendre un avenir meilleur. Nous sommes loin de ce qu’on appelle la “fin de l’histoire”, puisque les conditions d’un développement durable et pacifique ne sont pas encore adéquatement implantées et réalisées.

60. Les mécanismes de l’économie actuelle promeuvent une exagération de la consommation, mais il résulte que l’esprit de consommation effréné, uni à la disparité sociale, dégrade doublement le tissu social. De cette manière, la disparité sociale engendre tôt ou tard une violence que la course aux armements ne résout ni résoudra jamais. Elle sert seulement à chercher à tromper ceux qui réclament une plus grande sécurité, comme si aujourd’hui nous ne savions pas que les armes et la répression violente, au lieu d’apporter des solutions, créent des conflits nouveaux et pires. Certains se satisfont simplement en accusant les pauvres et les pays pauvres de leurs maux, avec des généralisations indues, et prétendent trouver la solution dans une “éducation” qui les rassure et les transforme en êtres apprivoisés et inoffensifs. Cela devient encore plus irritant si ceux qui sont exclus voient croître ce cancer social qui est la corruption profondément enracinée dans de nombreux pays – dans les gouvernements, dans l’entreprise et dans les institutions – quelle que soit l’idéologie politique des gouvernants. »

Voila en effet des paroles encourageantes pour celles et ceux qui oeuvrent pour un monde plus juste, avec l’Homme au centre de leurs préoccupations. La  » Gauche gestionnaire du système » devrait s’en inspirer pour se remettre en question. Il va sans dire qu’il en est de même pour toutes les sensibilités chrétiennes.Si ces paroles papales pouvaient déjà nous faire espérer au niveau communal, une mise en pratique par le plus grand nombre de mandataires communaux, surtout celles et ceux d’inspiration chrétienne, face aux défis auxquels nous allons être confrontés en 2014.

En ce qui nous concerne, ces paroles nous confortent dans notre action quotidienne. Ensemble, alors  » on soulèvera des montagnes ».

Signalons également le peu de cas fait autour de ces déclarations du Pape, résultat de la pensée Unique, celle du fric…

http://www.vatican.va/holy_father/francesco/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium_fr.html#Chapitre_5_

REPONSES A NOS LECTEURS

ALTERNATIVE  EN 2014.

Nous ne lâcherons rien en 2014, surtout avec les divers soutiens et encouragements qui nous sont témoignés au travers de ce blog, surtout que de sombres nuages pointent déjà à l’horizon.

Ensemble nous essayerons d’encore mieux vous informer et débattre avec celles et ceux qui le souhaitent. Que chacun, selon ses moyens, répercute dans son entourage les informations reprises sur ce site.

En 2013 déjà, nous avons pu déjà constater une hausse importante des consultations et des commentaires. Nous y trouvons là un réel encouragement, surtout qu’il y a déficit d’informations. Tout est fait pour que la population de l’entité du Roeulx en sache le moins possible sur ce qui se passe réellement lors des séances des conseils communaux. Nous citerons encore pour exemple le dernier conseil communal de décembre 2013, qui pourtant traitait des budgets CPAS et Ville du Roeulx, passé sous silence par les principaux médias de notre région. Ah quand il s’agit d’activités du tourisme et de la brasserie, ils y vont de leur belle plume et de leurs éloges, mais on se garde bien d’informer le citoyen de la sauce à laquelle il sera  » bouffé » dans un futur très rapproché.

Raison de plus pour valoriser et faire connaître notre blog

www.udp-leroeulx.be

La démocratie a besoin d’une information pluraliste, et comme le signalait pertinemment bien un de nos intervenants le 29/12/2013,   » l’asymétrie dans l’information est souvent la cause et la conséquence de prises de positions inadéquates »