PREMIER MAI

Bonne fête du travail à toutes et à tous.

Que votre mémoire conserve les symboles et les combats liés à cette journée du 1er mai et continuons à nous indigner

Marcel Couteau  et Jean-Pierre Duval

« DEVOIR DE MÉMOIRE » ET « DROIT A LA FACE CACHEE DE L’HISTOIRE »

Hier, comme aujourd’hui, ignorer, bafouer, tronquer cela fait partie de la mise en condition des populations.

Nous avons donc pour devoir de ne pas oublier !

Jean-Marie Chauvier, journaliste, qui fut longtemps le correspondant du Drapeau Rouge à Moscou, e cela ne l’empêche pas d’être critique, a pleinement raison de relever cette tromperie vis-à-vis de l’Histoire de la deuxième guerre mondiale 1939/1945. La commémoration de la capitulation et non un  armistice, signée le 7 et 9 mai 1945 est de plus en plus passée sous silence. Aujourd’hui on n’en parle plus ! On ne la fête plus ! Cela n’est pas le fait du hasard !

Par contre, l’armistice du 11 novembre 1918 continue à être honoré et l’année prochaine 2014, le centenaire de la boucherie de 1914 sera fêté avec faste.

La guerre 17/18 fut une guerre impérialiste, les peuples s’entretuent, les affairistes des deux  bords font les affaires. Une confirmation à ce propos, ce sont les minerais français qui revenaient en France sous forme d’obus tirés par les canons allemands sur la gueule des poilus.

L’armistice de novembre 1918 on l’a doit aussi à la peur des nantis, faces aux révoltes en Russie et aussi en Allemagne et de leur prolongement éventuel. Des rebellions avaient aussi lieu dans les armées.
Au lendemain de cette guerre 1914/18 la »der des ders » « plus jamais ça ! » les peuples imposent des avancées démocratiques (droit de vote) et sociales. Par contre le peuple Allemand trinque et souffre sous « les dommages de guerre », le peuple pas les affairistes ! Sur ce terreau de la misère passera Hitler.

La Russie est devenue l’Union Soviétique, ce n’est ^pas seulement un changement de nom, c’est un autre régime économique et politique qui se crée. Ce sont la distribution de la terre aux paysans, réforme agraire, nationalisations, réformes sociales (Réformes prévues pas la II Internationale).

Cela fait peur aux affairistes. De tous bords !

Des hommes politiques, comme Emile Vandervelde, dirigeant du Parti Ouvrier Belge (précurseur du PS) va même jusqu’à haranguer les soldats russes pour qu’ils continuent à participer à la boucherie.
Il est bon aussi de souligner que face aux prémices de cette guerre, l’Internationale socialiste de l’époque, dirigée par  le français Jean Jaurès, le russe Vladimir  Lénine, le belge Emile Vandervelde, l’allemande Rosa Luxembourg,  avait décrété que si cette guerre arrivait, « les peuples devraient déclarer la guerre à la guerre ».

Le 31 juillet 1914, Jaurès était assassiné, soit quelques jours avant le début des hostilités. Rosa Luxembourg fut assassinée lors de la révolution allemande, lors de la répression de la révolte spartakiste.de Berlin en 1919. E. Vandervelde quant à lui, il fut nommé ministre d’Etat.
Lénine exilé en Suisse rejoint la Russie avec l’aide paraît-il des allemands. Il organise la révolution et met fin à la guerre en 1917.
Dans ces différences de comportements naîtra les germes d’une autre Internationale dite communiste. La  3ème

Tout cela fait peur à l’ordre établi. On envoie un corps expéditionnaire pour lutter aux côtés des « russes blancs » de l’ancien régime contre les bolcheviques. On dresse un cordon sanitaire pour asphyxier ce nouveau régime.µL’histoire se répète aujourd’hui avec le blocus de Cuba depuis de nombreuses années.

On ne peut nier, malgré sa mise au ban des nations et son isolement, les avancées spectaculaires des plans quinquennaux économique et social de l’Union Soviétique. En somme, les bons en avant de ce pays exaltent les populations des autres pays.
Les partis communistes naissants dans les années 1920 et découlant du comportement des sociaux démocrates lors de la guerre, engrangent des succès électoraux importants surtout en Allemagne.

Une Allemagne socialiste ? Avec ses capacités politiques et économiques, serait bien plus dangereux pour le capitalisme que ce qui naît avec difficultés, sur les fondations de la Russie tsariste.

Cela fait très très peur !

Le capital se doit de réagir, il lui faut contrecarrer  l’expansion des idées de gauche. Ce sera Adolf Hitler et le nazisme.
Le 30 janvier 1933, Hitler est nommé à la tête du gouvernement. Le 27 février de la même année, incendie du Reichstag (Parlement), provocation nazie, pour accuser les communistes allemands.

Et, en mars 1933 ouverture du premier camp de concentration à Dachau afin d’y incarcérer en premier lieu, les communistes, ensuite d’autres opposants politiques allemands au régime nazi.

En mai 1933 les sièges des syndicats sont occupés par les SS. Les responsables syndicaux sont emprisonnés. La grève est interdite.

Hitler a rassuré les milieux d’affaires, de toute façon plus inquiets des progrès du communisme et de ceux du nazisme.

Les groupes financiers et industriels  du monde entier financent les activités d’Hitler. Les activités industrielles reprennent et du coup c’est l’expansion tous azimuts. Pour eux, c’est un bon investissement. Les autoroutes, la Coccinelle (VW), mais aussi les usines d’armements tournent comme jamais.

Pendant ce temps, en Espagne en 1936, durant la Seconde République espagnole des élections au suffrage universel sont organisées. Le  Front populaire espagnol, est élu démocratiquement et met en place un gouvernement de gauche.

Au départ du Maroc espagnol, le général Franco déclenche l’insurrection contre le gouvernement légitime espagnol. Il sera aidé massivement par Hitler et le fasciste italien Mussolini afin d’anéantir la république espagnole.

Elle pourra compter sur l’aide de l’Union soviétique et celle des Brigades internationales.

La France et l’Angleterre déclarent la « non intervention ». L’Espagne Républicaine est vaincue et Franco installe la dictature.

 A propos des Brigades internationales

Qui sont-ils ? Ce sont des gens qui ont une conception de la Démocratie, qui savent qu’il faut aider la légitimité de l’Espagne face aux menées fascisantes. Il y a aussi des Allemands, qui ont fuit l’Allemagne nazie, des belges, des français…

Ces allemands, comme d’autres par après, seront internés dans des camps par les français et livrés aux troupes nazies en juin 1940.

Les Belges, à leur retour, auront pas mal de problèmes avec les autorités de notre pays.

Une comparaison avec aujourd’hui ; on laisse faire des jeunes fanatisés de chez nous à l’Islam, se battre en Syrie et ailleurs avec des armes qui risquent un jour se retourner contre eux (Mali)

1936 en France, c’est le Front Populaire avec un gouvernement soutenu par les députés communistes. Ils doivent faire face à ces tentatives de coups d’état fascistes. L’extrême-droite défile dans les rues de Paris avec comme slogan

« Plutôt Monsieur Hitler que le Front Populaire » ;

Le crime du Front Populaire ? Les réformes économiques et sociales, comme les congés payés ; « Comment ? Payer les ouvriers à ne rien faire ! » s’écrient les nantis.

Sur le plan diplomatique

La diplomatie occidentale capitule  continuellement devant les exigences de « Monsieur Hitler » nourrissant et encourageant ainsi sa propagande nazie et l’annexion  de l’Autriche, des Sudètes …

Les 29 et 30 septembre 1938, Monsieur Daladier (Français) et Chamberlain (Angleterre) acceptent de laisser Hitler démembrer la Tchécoslovaquie qui avait, avec ses fortifications, de quoi se défendre.
Et l’on fait croire aux peuples que l’on a sauvé le Paix. Alors que c’est tout le contraire.

On ne mêle pas l’Union soviétique à ces pourparlers avec les Allemands, on l’ignore, comme ses démarches vers la France et l’Angleterre pour un pacte de soutien mutuel entre ces trois pays. On fait traîner en longueur les conversations. Et quand on envoi à Moscou, une délégation, elle est de « seconde main » c’est-à-dire sans pouvoir.

Le 20mars 1939, le gouvernement soviétique propose la réunion immédiate d’une conférence qui rassemblerait la France, l’Angleterre, la Pologne, la Roumanie, la Turquie, la Yougoslavie, la Grèce. Elle se heurte au refus.

En juin 1939, même démarche auprès des pays baltes pour une assistance mutuelle y compris vers la Pologne. Nouveau refus.

La diplomatie soviétique n’est pas dupe du jeu qui se prépare contre elle.

Et coup de tonnerre, en août 1939, l’Allemagne propose un pacte de non agression à l’Union soviétique.

Ce pacte est signé Moscou lors de la visite d’une délégation allemande pendant la période du 22 au 28 août 1939.

Ce coup de théâtre choque profondément les forces antifascistes dans le monde y compris dans les rangs des communistes. Avec le recul et ce que ‘on sait aujourd’hui, rien que ce fait, démontre les turpitudes des diplomates.

Dans nos pays, les politiques et les médias se déchainent contre les communistes, les interdictions et les arrestations pleuvent. Par contre l’extrême-droite  fasciste est protégée.

 

Le 1er septembre 1939 : la guerre

L’Allemagne envahit la Pologne, un pacte de soutien uni celle-ci à l’Angleterre et à la France.

Le 3 septembre, ces deux pays déclarent la guerre à l’Allemagne.

La drôle de guerre

L’armée française reste dans sa ligne Maginot, elle ne bouge pas pendant que la Pologne est écrasée. On laisse faire !

Alors qu’il est prouvé aujourd’hui la peur  des allemands de voir les français sortir de leurs tranchées, leur front étant dégagé à l’ouest.

Et le 17 septembre, nouveau coup de canon, les troupes soviétiques franchissent la frontière polonaise sur un front non défendu.

On se déchaine à l’ouest contre ce « coup de poignard dans le dos » et cela de la part de ceux qui ont créé Hitler et le fascisme.

Bien sur que cela traumatise pas mal de démocrates.

Mais posons-nous  la question de savoir :

  • Que serait-il advenu en juin 1941, lors de l’invasion allemande si les soviétiques n’avaient pas eu cette zone tampon de plus de 300km,
  •  Que  l’invasion soviétique  a eu lieu   plus de 15 jours après l’entrée  de l’Allemagne et que l’armée polonaise  était en déroute complète, malgré l’héroïsme des soldats polonais.

A l’ouest on se déchaine contre les communistes et autres antifascistes. Les Partis Communistes sont interdits, en France celui-ci est dissout le 27 septembre 1939. Le groupe de parlementaires communistes français se reconstitue en groupe Ouvriers et Paysans Français. Un procès devant la Tribunal  militaire a lieu contre  44 dirigeants communistes dont 34 députés qui sont accusés de complicité avec l’ennemi. Parmi eux, mis sur la liste par vengeance par des prétendus français, le député Prosper Môquet dont le fils, Guy Môquet,  gamin de 16 ans sera fusillé par les allemands.

Ce procès aura lieu à huis clos à la demande de l’accusateur, alors que les communistes réclament un procès public face aux français

Le crime reproché : avoir pris l’initiative en tant que députés d’avoir envoyé une lettre avec leurs signatures au Président de la Chambre des Députés M. Herriot, demandant que la France prenne l’initiative diplomatique réunissant la France, l’Angleterre et l’Union Soviétique en vue de sauver la paix.
Ils seront reconnus coupables de trahison envers la France.

Quelle France ? Celle des comploteurs et complices d’Hitler.

 

En Belgique, le journal communiste « La Voix du Peuple » sort son dernier numéro « légal » le 17 novembre 1939.Car le gouvernement catholiques, socialistes e libéraux traquent les communistes tout en laissant agir les extrémistes flamands du VNV qui publient le quotidien « Volk en Staat », tout en tolérant le « Pays Réel »de Léon Degrelle.

Et pendant ce temps, la drôle de guerre continue, les troupes françaises restent dans leur casemate et la Belgique proclame sa « neutralité ».

Cette guerre pouvait être évitée. Elle a été voulue.

Par qui ? Par ceux que les avancées politiques, économiques et sociales de l’époque faisaient peur, pour anéantir «  ce monde nouveau » qui se bâtissait à l’est et à l’ouest, les avancées du Front populaire et les idées réellement de gauche. La « visite » des troupes allemandes à l’ouest leur permet de bénéficier de l’apport économique et autres de nos pays, mais aussi pour déporter, torturer massacrer les femmes et les hommes qui contestent le système capitaliste et le fascisme. En somme, les éliminer !µDans cette entreprise les grands groupes financiers et économiques y trouvent leur compte.

Dans cette crise  économique financière, et politique qui frappe la population comme dans les années ’30,  me revient à l’esprit, l’interview accordée en octobre 1994 par Yvonne Paradis, elle disait «  j’ai été éduquée dans l’esprit de résistance. La vie en soi, est une éternelle résistance. Plus tard, mon mari, Richard Soupart m’a encore renforcé dans cette conviction. Il est mort le 12 février 1942, fusillé par les allemands parce qu’il leur avait résisté. Pour nous, tout avait commencé bien avant le début de la guerre. Nous luttions contre le fascisme et l’extrême-droite, contre Degrelle, sans relâche ».

Et en ce moment, donc en 1994, elle sort un tract électoral de l’extrême droite d’aujourd’hui qui dénonce l’insécurité, le chômage, l’immigration, les magouilles politiques et financières et malgré son grand âge quelle lucidité, elle dit «  c’est la même approche, sans nuances, que celle de Degrelle. Cela me fait peur. Il nous faut continuer à défendre la démocratie, C’est elle qu’ils veulent « nettoyer ».

Comme elle a raison notre Yvonne.

Yvonne Paradis et Richard Soupart (ingénieur chimiste, syndicaliste, communiste, membre du Front de l’Indépendance, considéraient que la guerre 1939/1945  avait commencé avec la guerre d’Espagne. Famille très connue à Havré et Ville sur Haine.

Et aujourd’hui, moi aussi j’ai peur face à cette politique, à la déformation, la banalisation à l’oubli voulu de l’Histoire d’où est née cette guerre, que l’histoire se renouvelle. Car le capital n’a pas peur du fascisme, c’est son recours comme dans les années 1930.

Il appartient aux démocrates des générations plus âgées de transmettre cette autre face de l’histoire que l’on veut à tout pris cacher.

 

Marcel Couteau

NB. Prochainement peut être : la guerre  le 10 mai 1940 et les années d’après guerre.

 

 

UN PAPE DE GAUCHE ?

Par M. Couteau

 

Il  paraît ! Tant mieux ! Mais comme on dit chez nous, « c’est au pied du mur qu’on voit le maçon ».

J’espère qu’il sera un digne successeur de Jean XXIII cette voix qui fut celle du dialogue, de la fraternité, de la tolérance et de la Paix.

Je n’ai pas oublié la main tendue par ce pape avec les non croyants. C’est d’ailleurs en réponse à cette main tendue, dans le cadre de mes responsabilités syndicales qu’une messe a été organisée en mai 1967 dans l’usine occupée à Germain-Anglo.

Et en 1968, député communiste, j’ai assisté à la messe à l’occasion du 50ème anniversaire de l’armistice de 1918 en l’église  St Nicolas. Sous ce pontificat, les choses bougeaient dans l’église. Dans les année ’60, la charte économique et sociale de l’épiscopat français est significative, elle conteste fondamentalement ce capitalisme, je cite «  ce qui est remis en cause est le rôle du profit comme but de l’économie ; le pouvoir de décider souverainement sans prendre l’avis des syndicats, des orientations d’une entreprise, le privilège des actionnaires de s’approprier le profit, le bien fondé de la thèse selon laquelle il convient de freiner la croissance des salaires pour assurer l’expansion dans la stabilité »… (Souligné par moi).

Voilà une citation qui conserve toute sa valeur et qui connaît même un regain d’intérêt en 2013.

Les pertinences plus que jamais d’actualité de ces propos sont fort différents avec l’époque ou l’église a trop souvent protégé l’injustice sociale ne prêchant que la résignation, l’acceptation, l’obéissance au pouvoir établi et la légitime défense des nantis y compris vis-à-vis des dictatures, du moins celles qui ne mettaient pas en cause le système économique et financier.

Avec vous cher AC, espérons que François 1er reprenne ce chemin. Que ces actes soient en concordance avec ses paroles.
Que la gauche, celle qui ne croit pas ou plus au Ciel, comme celle qui y croit se retrouvent sur le terrain des luttes sociales.

Ensemble faisons ce bout de chemin, en apprenant à mieux nous connaître et peut être que cela aidera à résoudre ensemble les problèmes sociétales.

La vie à l’intérieur de l’église c’est l’affaire des croyants, elle mérite le respect sans pour autant interférer ou imposer sur la société.
Peut on aussi espérer que le choix d’un pape argentin n’a pas pour mission d’endiguer l’évolution à gauche des peuples d’Amérique du Sud. Je lui laisse là aussi, le bénéfice du doute, en lui souhaitant bonne route.

A méditer : n’est ce pas Saint Ambroise qui disait « c’est la nature qui a créé le communisme et c’est la violence qui a créé la propriété privée ».

Et Saint Augustin : « la propriété privée provoque les dissensions, les guerres, les insurrections, , les meurtres, les péchés… »