Attentats de Bruxelles : non, monsieur le premier ministre !

Attentats de Bruxelles : non, monsieur le premier ministre !

23 mars 2016 – Michel Collon – Investig’Action

Hier, comme tant de Bruxellois, j’ai passé des heure…s à vérifier où se trouvaient mes proches. Qui, par malchance, aurait pu se trouver dans ce métro maudit, que j’emprunte moi aussi chaque fois que je me rends au bureau d’Investig’Action ? Qui, par malchance, aurait pu se trouver près du Starbucks de l’aéroport, où j’ai l’habitude de prendre un thé en attendant le vol ? Recherches d’autant plus angoissantes que le réseau était évidemment saturé.

Bref, comme tant de Bruxellois, j’ai vécu, un jour, ce que vivent depuis des années les Irakiens, les Libyens, les Syriens, et avant eux les Algériens. Pour être allé plusieurs fois sur des sites bombardés par les Occidentaux, je sais à quoi ressemblent ces morceaux de corps disloqués que plus jamais personne ne pourra embrasser. J’ai vu là-bas la douleur de ceux qu’on prive à tout jamais de leur mari, de leur femme, de leur enfant.

Comme tant de Bruxellois, j’ai pleuré et j’avais envie de frapper les criminels qui s’en sont ainsi pris à tant d’innocents. Mais on ne naît pas criminel, on le devient. Et la question la plus importante est : comment en sont-ils arrivés là ? Nier à ce point la valeur de la vie de tant d’innocents ! Les faire souffrir et terroriser au lieu de se battre – avec ces innocents – contre l’injustice qui nous frappe tous ? Qui a intoxiqués ces jeunes, qui leur a montré l’exemple de la violence, qui les a plongés dans le désespoir et surtout qui les a armés ? Criminels, oui, mais ne sont-ils pas aussi victimes quelque part, même si ce terme peut choquer.

Alors, quand j’ai entendu notre premier ministre Charles Michel déclarer en conférence de presse que les Belges avaient besoin de s’unir, et qu’il évitait soigneusement la question centrale « Comment en est-on arrivé là, qui sont les responsables ? », alors je me suis mis en colère contre cet homme hypocrite qui nous propose simplement de continuer comme avant. Alors que la question des gens, c’est justement : « Comment éviter que ça recommence bientôt ? Quelle politique appliquer pour mettre fin à cet engrenage infernal ? »

Vous croyez vraiment que la surveillance et la répression empêcheront de nouveaux attentats ? Certains, oui, mais pas tous, c’est impossible. Pour cela il faut changer de politique. Votre politique.

Einstein disait « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ». En effet, on n’empêchera pas le terrorisme tant qu’on n’aura pas débattu sur ses causes profondes. Afin de mettre en place une vraie prévention.

Monsieur le premier ministre Charles Michel, je ne vous remercie pas. Car vous avez refusé de poser les questions importantes : Les Saoud et le Qatar ont-ils financé les terroristes ? Oui, les rapports des services US le disent. Les Etats-Unis ont-ils créé Al-Qaida ? Oui, Hillary Clinton l’a reconnu. La CIA a-t-elle organisé un camp d’entraînement en Jordanie ? Oui, le célèbre journaliste US Hersh l’a prouvé. Fabius a-t-il encouragé le terrorisme en déclarant « Al-Qaida fait du bon boulot » ? Oui, regardez sa vidéo de Marrakech, décembre 2012.

Et d’une façon générale, les Etats-Unis ont-ils utilisé le terrorisme dit islamiste depuis Ben Laden en Afghanistan en 79 jusqu’à la Syrie aujourd’hui, en passant par la Bosnie, le Kosovo, le Caucase, l’Algérie, l’Irak, la Libye et d’autres pays encore ? Ne faut-il pas créer d’urgence une commission d’enquête sur les liens USA – terrorisme et sur les dessous stratégiques de tous ces drames ? Vous et l’Europe, allez-vous continuer de suivre Washington comme un petit chien ? Vous vous félicitez comme un petit garçon quand Obama vous téléphone. Mais pourquoi ne dénoncez-vous pas son hypocrisie derrière ces guerres ? Monsieur Michel, quand je pense à toutes ces souffrances qui auraient pu être évitées, je ne vous remercie pas.

Il est vrai que vous n’êtes pas le seul à pratiquer la langue de bois.

Monsieur le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, je ne vous remercie pas non plus. Vous avez déclaré hier que les terroristes s’en prennent à « notre mode de vie ». Exactement les paroles de George W. Bush le 11 septembre avant d’attaquer l’Irak et l’Afghanistan sous des prétextes mensongers. Monsieur Reynders, pourquoi n’avez-vous pas rappelé votre déclaration d’avril 2013 vantant « ces jeunes (à qui) on construira peut-être un monument comme héros d’une révolution » .

Pourquoi quand je vous ai invité, en juin 2013, à participer à un débat « Jeunes en Syrie, comment les empêcher de partir ? », avez-vous refusé ? Cela ne vous préoccupait pas ? Vous trouviez que pour « changer le régime » comme vous dites, tous les moyens étaient bons, même le terrorisme ? Vous n’avez pas pensé qu’encouragés à commettre ces actes là-bas, certains reviendraient faire pareil ici ? Monsieur Reynders, je ne vous remercie pas.

Madame Milquet, je ne vous remercie pas non plus. Vous étiez ministre de l’Intérieur à cette époque. Vous avez aussi refusé de participer à ce débat, malgré notre insistance, et en changeant sans cesse de prétexte ! Depuis, vous vous taisez. Gênée d’avoir fait la sourde oreille face aux cris de détresse des mamans angoissées de voir que leurs gosses – c’étaient vraiment des gosses de 16, 17, 18 ans – partaient là-bas vers l’enfer sans que la Belgique fasse rien pour les retenir ? Vous n’avez pas de remords en voyant la suite ? Madame Milquet, je ne vous remercie pas.

N’est-il pas temps d’ouvrir un grand débat sur les conséquences de la politique internationale menée par la Belgique depuis des années ?

1. L’Europe doit-elle continuer à suivre les Etats-Unis et leur politique qui met le Moyen-Orient à feu et à sang ?

2. La Belgique doit-elle continuer à soutenir la violence d’Israël, en refusant de faire respecter le droit international et en traitant d’ « antisémites » les jeunes qui veulent soutenir les droits des Palestiniens ?

3. La Belgique doit-elle continuer à se prosterner devant les pétro-dollars des Saud (volés aux peuples arabes au lieu d’utiliser l’argent du pétrole et du gaz pour combattre la pauvreté comme en Amérique latine) alors que tout le monde sait que ces mêmes Saud financent l’intoxication des jeunes esprits par une version empoisonnée et falsifiée de l’islam ?

4. Comment justifier le refus du droit d’asile aux victimes de « nos » guerres en Irak, Syrie, Afghanistan ?

5. Quand ouvrira-t-on enfin le dossier de l’intervention « humanitaire » en Libye, où l’Otan s’est allié à Al-Qaida pour renverser Kadhafi, en violant la Charte de l’ONU qui interdit ce genre de pratiques ? Avec la conséquence qu’on voit aujourd’hui : la Libye transformée en foyer du terrorisme international.

N’est-il pas temps d’ouvrir en même temps un grand débat sur les conséquences de la politique sociale, ou plutôt antisociale, menée par les gouvernements belges depuis des années ?

1. Pouvez-vous rogner sans cesse les budgets scolaires ? Fabriquant des écoles-parkings où les profs manquent de formation adéquate et de moyens pour faire face à tant de questions complexes sur le monde d’aujourd’hui ?

2. Pouvez-vous rogner sans cesse les budgets des prisons et de la réinsertion ? Avec pour conséquence que de petits délinquants deviennent de grands délinquants irrécupérables ?

3. Pouvez-vous rogner sans cesse les budgets des médias audiovisuels de service public ? avec pour conséquence que les journalistes n’ont plus le temps d’approfondir les sujets (confidences reçues de l’intérieur de la RTBF) et sont condamnés au règne du copié-collé et du fast info ? Poussant ainsi les jeunes rendus méfiants vers les théories du complot, ou pire encore vers les prêcheurs fanatiques et les recruteurs sans scrupules ?

4. Pouvez-vous continuer à faire des cadeaux aux banques et aux multinationales qui ne paient quasi plus d’impôts et reporter votre déficit notamment vers les communes, dont les responsables sont privés des moyens nécessaires pour aider les jeunes ? N’est-ce pas ainsi que vous produisez des communes du désespoir comme Molenbeek ? (Mais pas seulement, il y a aussi Vilvorde, Verviers, Anvers et n’oublions quand même pas que les « eurojihadistes » proviennent de nombreux pays européens)

5. Faut-il alors être surpris que tant de jeunes soient tombés entre les griffes de recruteurs professionnels ? D’autant plus que lorsqu’on les signalait à la police, pas toujours, mais bien souvent parents et éducateurs s’entendaient répondre : « Mais qu’ils partent seulement en Syrie, ce qu’on ne veut pas, c’est qu’ils reviennent ici ! »

6. Avez-vous vraiment le droit de vous dire surpris par les attentats de Paris et de Bruxelles alors que la sonnette d’alarme est tirée depuis des années et que vous tous avez refusé d’écouter les donneurs d’alerte ?

Hier, chaque parent a tremblé pour ses enfants. Aujourd’hui, chacun s’interroge sur l’éducation qu’il faut leur donner face à ce monde de plus en plus violent. Allons-nous pouvoir leur offrir une vraie éducation et un avenir ? Demain, quelle ville sera frappée ? La montée de la haine et de la peur, ciblant les musulmans, fait le jeu de l’extrême droite. C’est ça que vous voulez ?

Concluons. Les attentats, ce n’est pas une fatalité, c’est le résultat d’une politique. Menée à Washington. Puis à Londres et Paris. Bruxelles suivant servilement. Messieurs les dirigeants, vous êtes donc co-responsables. Avons-nous le droit d’en débattre – en « démocratie » – ou bien allez-vous encore user de pressions pour que les médias se taisent ?

Bruxelles, 23 mars

A propos de la Syrie…..

Une députée syrienne : “Aujourd’hui nous avons en Syrie une guerre fomentée par l’OTAN. L’Europe ne doit pas faire le jeu des USA ».

Mondialisation.ca, 26 novembre 2015
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Maria_Saadeh

Nous avons rencontré ce matin dans un hôtel de Rome la députée syrienne indépendante Maria Saadeh. Entendre raconter ce qui se passe en Syrie depuis cinq ans directement de la bouche de Syriens plutôt que de celle d‘envoyés spéciaux au Qatar nous a paru un exercice intellectuel intéressant pour offrir une information de qualité. C’est la cas avec cette interview aujourd’hui qui dément la totalité des mensonges proférés [dans les médias] à ce jour,  et montre bien l’inanité manifeste de la politique [extérieure] de l’Europe. « Ne laissez pas l’Europe continuer à être un instrument des États-Unis dans cette guerre de l’OTAN contre la Syrie, » lance Maria Saadeh. Un appel malheureusement ignoré pour l’instant.

Par Alessandro Bianchi, pour L’anti Diplomatico

* * * INTERVIEW * * *

L’antiDiplomatico : En 2012, vous faisiez partie, Mme Saadeh, de la délégation parlementaire syrienne qui devait venir en Italie témoigner devant nos institutions de la crise en cours en Syrie. Mais cette visite a été annulée, puisque le ministre Terzi a annulé vos visas au dernier moment. Pouvez-vous nous raconter cet épisode ?

Maria Saadeh : À l’époque, l’Europe et les USA voulaient rompre toute relation avec la Syrie, et ne souhaitaient pas entendre les voix provenant directement du pays, qui auraient permis de comprendre ce qui se passait vraiment en Syrie Ils voulaient juste abattre le gouvernement [de Bashar el-Assad] et ont complètement modifié la version des faits dans les médias. Pour nous, ce fut une période difficile, il était devenu impossible de communiquer, de franchir les frontières. Pour une visite programmée en Italie en 2012, nous n’avons pas obtenu les permissions, bien qu’elles aient été données par l’ambassade. Après cet épisode des visas non fournis, j’ai écrit au Sénat italien et au parlement européen pour obtenir des explications. En effet, si vous prétendez apporter la démocratie [chez les autres], alors pour rester crédible, il faut au moins écouter les souffrances du peuple.

LAD : En Italie ces dernières années, les médias nous ont livré une version des faits totalement déformée sur la question syrienne. Les choses semblent évoluer depuis les attentats de Paris le 13 novembre dernier, une tragédie que le peuple syrien vit à ses dépens depuis 2011, de façon quotidienne, et dont l’Occident se désintéresse totalement. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

MS : La France combat le terrorisme au Mali, mais le soutient en Syrie. Voilà ce qu’est sa politique extérieure. Ceux qui ont commis ces atrocités à Paris sont les mêmes qui frappent la population syrienne depuis cinq ans, avec la complicité et même la participation de pays européens, et tout spécialement la France. Nous nous sentons évidemment proches des familles de victimes du 13 nov. et personne mieux que nous ne peut comprendre leur douleur. Mais il faut réfléchir sur la situation politique en Syrie. Les intérêts en jeu aujourd’hui sont d’ordre politique, et les gouvernements occidentaux peuvent faire beaucoup pour protéger les populations européennes, mais ils doivent comprendre ce qui se passe en Syrie.

LAD : Si l’on essaie de réfléchir sur la base de ce que racontent les médias depuis 2011 en Europe, la Syrie est dirigée par un régime totalitaire qui ne tolère aucune voix dissidente dans le pays. Pouvez-vous nous parler de votre expérience de parlementaire, et des changements constitutionnels qui sont intervenus en Syrie depuis 2011 ?

MS : Avant tout, je veux dire que je suis une députée indépendante, et que je ne travaille ni pour ni contre le gouvernement d’Assad. En Syrie, cela fait longtemps qu’il n’y a plus d‘opposition, mais selon moi, créer une opposition en temps de crise constitue la vraie crise. En ce moment, avec la guerre en cours, nous voulons d’abord protéger les structures de l’État et les infrastructures.

Avant la crise, je ne faisais pas de politique. Mais quand j’ai vu ce qui se passait dans mon pays, et qui était dû, non pas à des facteurs internes, mais bien externes, comme ce que j’avais pu observer de ce qu’avaient subi les citoyens irakiens à cause des forces étasuniennes, je suis intervenue avec toute une série d’initiatives pour les jeunes, avec l’objectif de les aider à s’exprimer de façon juste et d’éviter qu’ils ne soient instrumentalisés contre l’État. C’est à la suite de cela qu’on m’a proposé de participer à la vie parlementaire. C’était une bonne idée, il nous faut une tribune pour exprimer la voix du peuple syrien. Au parlement, je parle avec la voix de la société civile, je porte la voix des Syriens.

LAD : Toujours selon la narrative occidentale, l’opinion publique considère les soi-disant « rebelles modérés » comme étant l’opposition d’aujourd’hui.

MS : Laissez-moi être très claire sur ce point. Arrêtons de prendre toutes nos informations dans les médias, qui chamboulent absolument tout : en Syrie, il n’existe pas de « rebelles modérés » dans l’opposition. J’ai une question pour vous, Occidentaux : accepteriez-vous que dans votre pays, existe une opposition armée qui combatte votre gouvernement ? Je ne pense pas. Le terrorisme reste le terrorisme. Un acte de terrorisme est toujours un acte de terrorisme, quelle que soit la façon dont on l’organise, ou ceux qui l’exécutent. Certains de ces groupes rebelles ont été armés et utilisés contre l’État. Voilà ce qui se passe en réalité, et je ne sais pas si c’est bien clair en Occident.

Que s’est-il passé en Irak ? Est-ce que cela a bénéficié à la population ? Certainement pas. Après avoir accusé pendant 15 ans cet État de détenir des armes de destruction massive, personne ne les a jamais trouvées. Et après cette guerre, et le meurtre de millions de personnes et d’un président légitime, aujourd’hui le pays n’existe plus. Nous ne permettrons pas que la même chose se produise en Syrie, c’est pour cela qu’aujourd’hui je siège au parlement, pour exprimer la voix du peuple syrien. Nous ne voulons pas que ces terroristes qu’en Europe vous appelez les « rebelles modérés » parlent en notre nom, qu’ils nous représentent pour des questions internes à notre pays. En Syrie, nous avons voix au chapitre.

LAD : La Syrie est aujourd’hui au centre d’intérêts géopolitiques mondiaux, d’une guerre froide toujours plus chaude, et d’une lutte sur deux fronts contre le terrorisme qui risque de dégénérer, comme le montre l’avion de chasse russe abattu aujourd’hui par l’aviation turque. Quel avis portez-vous sur l’intervention russe en soutien au président Bashar el-Assad, et celle de la coalition internationale menée par les USA ?

MS : Aujourd’hui nous avons une guerre contre la Syrie menée par l’OTAN. Pourqouoi l’OTAN ? Tous ces groupes terroristes sont des instruments utilisés pour détruire la Syrie, et sont soutenus par des puissances régionales, et par des États occidentaux, les États-Unis et l’Europe. Les USA contrôlent le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie. Ces pays ne prennent aucune décision sans l’aval des États-Unis.

L’intérêt de tous ces pays est la domination de la région, l’accès à nos ressources, la possibilité de faire passer chez nous leurs gazoducs, et de servir les objectifs d’Iaraël, qui est un ennemi de la Syrie. Ils veulent notre terre : c’est cela le vrai problème. Ce n’est pas une question de démocratie, de droits, de peuples. L’objectif est la destruction de la Syrie, de notre structure [étatique], de nos infrastructures, et de s’emparer de nos voies d’accès. Combien de réfugiés sont arrivés en Europe en provenance de Syrie ? Notre patrimoine historique et culturel a été détruit et la responsabilité en revient à l’Occident. Des cités millénaires comme Palmyra sont perdues pour toujours. Ils ont détruit [une partie de] notre histoire.

L’Occident et les pays européens [en particulier] devraient se réveiller et voir que le terrorisme est arrivé chez eux. Vous allez souffrir comme nous avons nous-mêmes souffert si vous ne prenez pas en main la situation : il ne s’agit pas de combattre le terrorisme, qui n’est qu’un instrument, mais bien de comprendre qui manoeuvre cet instrument, et d’agir en conséquence. C’est une question purement politique, et il faut disposer des bonnes informations : si vous aidez la Syrie aujourd’hui, vous vous aiderez vous-mêmes à lutter pour vos propres intérêts. C’est exactement ce que fait la Russie actuellement. Moscou a des intérêts en Syrie et en Mer méditerranée, et dans le même temps elle refuse la politique nord-américaine qui s’attaque à la souveraineté des États et à l’autodétermination des peuples dans la région. Les Russes veulent en finir avec la destruction de la Syrie, et protéger ainsi les frontières de leur pays. L’Europe doit faire la même chose.

LAD : Suite à l’erreur tragique commise en Irak, à l’inverse, Obama, suivi de notre propre gouvernement qui imite tout ce qu’il fait, parle souvent d’en finir avec le gouvernement d’Assad et de créer un nouveau gouvernement de transition avec les différentes composantes plus ou moins définies de l’opposition. Que ressentez-vous en entendant des autorités gouvernementales étrangères discuter de comment interférer sur l’avenir politique de votre pays ?

MS : Les États-Unis se démènent pour changer le gouvernement syrien afin de faire main basse sur notre pays. C’est tout. Nous luttons pour interdire à toute nation étrangère d’interférer sur notre futur. Il ne s’agit pas de l’avenir du Président Assad, mais de notre destin. Depuis cinq ans passés au Parlement syrien, j’ai mis en place une pétition appelée « Kalimatura » – nos propres mots – qui jette les bases, en six points, d’une solution possible pour sortir de la crise. Ce sont nos propres mots, personne ne doit parler pour nous. C’est notre vision du futur, de la société, de l’État. Tous les autres pays doivent respecter nos décisions internes. L’Europe est instrumentalisée par les USA pour apporter la guerre en Syrie et pouvoir au final avoir plus de poids sur l’avenir politique de notre pays. Ne soyez pas l’instrument de cette erreur tragique déjà commise en Irak.

LAD : On parle souvent de violations des droits de l’homme en Syrie. Mais votre expérience veut que ces mêmes médias qui oublient de parler de ce qui se passe chez notre allié, l’Arabie saoudite, aient sans doute déformé aussi ce qui se passe chez vous.

MS : Faire le parallèle entre la Syrie, un pays qui a derrière lui des siècles d’histoire et de civilisation, où l’on parlait de démocratie à une époque où l’Europe n’avait pas ce niveau de civilisation, et l’Arabie saoudite, c’est impossible. Dans le régime saoudien, il n’y a pas de parlement, aucun droit politique, de droits civils, les femmes ne peuvent pas conduire et n’ont aucun droit. Au lieu d’apporter la démocratie et de protéger notre peuple, pourquoi les USA ne s’occupent-ils pas d’abord des Saoudiens ? Nous avons enseigné à l’humanité ce que voulait dire l’Histoire, la civilisation et la démocratie au prix de notre sang.

Source originale en italien LantiDiplomatico, le 24 novembre 2015

Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

La source originale de cet article est LantiDiplomatico
Copyright © Maria Saadeh, LantiDiplomatico, 2015

Les loups sont entrés dans Paris………….

Comment mieux parler de ce Vendredi 13 Novembre qu’avec ce texte de Serge Reggiani ?

Je partage la douleur des familles des victimes.

La colère gronde en mon cœur, vis-à-vis de ces meurtriers et de ceux qui, de différentes manières, les ont façonnés.

Mais restons lucides, évitons les surenchères.

Faisons nôtre les paroles de Lucie Aubrac, résistante française «  Le racisme est la pire plaie de l’Humanité. Il triomphe quand on laisse le fascisme prendre le pouvoir »

Parmi les malheureuses victimes de Paris, il y a des chrétiens, des musulmans, des non-croyants  et d’autres !!

PAS D’AMALGAME !!

Marcel COUTEAU

QUI PAYE LES POTS CASSES ?? par Marcel Couteau

L’Union européenne, sous la coupe des Etats-Unis a décidé le blocus de la Russie, pays où nos agriculteurs et cultivateurs exportaient leurs productions ( pommes, poires vaches, cochons, lait, etc…)

Aujourd’hui, ils subissent de plein fouet le contre-coup de ces décisions politiques et économiques. Avec raison ils manifestent pour défendre leur travail, leur avenir.

Avenir de plus en plus incertain

En effet, la Russie, et on ne peut le lui reprocher, adopte des mesures économiques pour faire face à cet embargo. Comment ?

La firme française Auchan, qui a ce jour possède 88 magasins sur le territoire de la Russie, avec un chiffre d’affaires d’environ 4 milliards d’€, en date de ce 2 septembre 2015, construit en Russie centrale une usine de transformation de viande pour un investissement de 33 millions d’€ et qui sera achevée en novembre 2016.

Auchan a déjà conclu des contrats de 3 à 5 ans avec les producteurs régionaux, pour la fourniture de porcs, bœufs et moutons. Elle contrôlera la production de A à Z, en somme de l’alimentation du bétail jusqu’aux produits finis.

La production estimée sera de 40.000 tonnes pour arriver à 70.000 tonnes. Elle occupera un personnel de 400 personnes.

Un abattoir d’un coût estimé de 4 millions d’€ est également projeté, ainsi que la construction pour Auchan d’un vaste entrepôt dans la région de Moscou ( Source : Le Courrier de Russie)

Résultats

Nos agriculteurs et nos éleveurs trinquent et disparaissent de plus en plus.

Il faut savoir également que la Russie subventionne actuellement son secteur agricole en investissant et avec le but de diminuer sa dépendance vis-à-vis de l’U.E.

La politique actuelle de cette UE tue le monde agricole, pour faire place aux multinationales de l’agro-alimentaire, aux exportations des USA.

Nos gouvernements sont bienveillants à cette politique. On est en droit de leur reprocher.

Ceci est une démonstration supplémentaire que le Capital n’a pas de Patrie

Au delà de l’embargo, Auchan fait des affaires……

Ce que vous n’entendrez pas sur vos Téléviseurs………..

L’intégralité de l’intervention d’Alexis Tsipras, ce mercredi  matin au Parlement Européen. A diffuser massivement ! Nous devons être notre propre média.

 
 » Mesdames et messieurs les députés, je ne suis pas de ceux qui prétendent que tous les maux du pays sont à mettre sur le dos des pays étrangers ; Si la Grèce est dans cette situation, c’est parce que pendant des décennies, les divers gouvernements successifs ont gouverné de façon clientéliste en soutenant la corruption, en jouant le jeu d’une collusion avec le pouvoir économique, en ne contrôlant pas la fraude fiscale des plus riches. D’après le crédit suisse, 56% des richesses nationales seraient entre les mains des 10% de la population grecque, et au plus fort de l’austérité, ces 10% de la population grecque ont été épargné et n’ont pas contribué à supporter le fardeau comme c’est le cas des 90% de la population restante.
Ces mémorandums n’ont pas remédié à cette situation. Au contraire. Le mémorandum n’a pas amélioré le dispositif de perception des impôts qui s’est effondré malgré les efforts de certains fonctionnaires zélés mais intimidés par ailleurs.
La collusion entre l’establishment politique, les oligarques, et les banques a continué. Aucune réforme n’a amélioré le fonctionnement de l’appareil de l’Etat, qui a pris l’habitude de fonctionner pour servir les intérêts particuliers plutôt que le bien commun. Malheureusement, nous en sommes arrivés là par le biais des ces prétendues « réformes. »
Nos réformes à nous ont des objectifs différents. Nous voulons lutter contre le règne des oligarchies et des cartels, contre la fraude et l’évasion fiscale, nous voulons moderniser l’Etat, ce sont pour nous des priorités. Et nous attendons l’accord de nos partenaires…
Nous sommes porteurs d’un mandat fort du peuple grec, nous sommes déterminés ! Non pas à chercher l’affrontement avec l’Europe, mais de nous en prendre aux intérêts établis dans notre pays et aux mentalités qui ont enfoncé la Grèce et qui sont entrain d’enfoncer l’Eurozone avec elle.
Mesdames et messieurs les députés, la Grèce est à la croisée des chemins. Ce qu’on a coutume d’appeler la  » crise grecque  » n’est que l’impuissance de la zone euro à trouver une solution définitive à une crise de l’endettement qui s’auto-alimente. En réalité, il s’agit d’une question qui est bel et bien européenne, et non pas exclusivement grecque. Il faut donc une solution européenne. L’Histoire de l’Europe est une Histoire de conflits, mais qui finissent au bout du compte par des compromis.
C’est aussi une Histoire de convergences et d’élargissements. C’est une Histoire d’unité et pas de division. C’est la raison pour laquelle nous parlons d’union européenne. Ne la laissons pas se transformer en division de l’Europe !
Aujourd’hui, nous voulons trouver un compromis honorable, pour éviter une rupture qui serait une rupture avec la tradition européenne. Nous sommes tous conscients des enjeux. Et nous sommes prêts, de notre côté, à prendre nos responsabilités vis-à-vis de l’Histoire.  »

Dette grecque : Tsipras réclame « un compromis honorable pour éviter une rupture »

Lu pour Vous……

Et il n’y a pas qu’à l’échelon national que la Démocratie est bannie………A tous les échelons de notre pouvoir politique, le citoyen n’est plus qu’un  » point » sur un bulletin de vote.  La suite, ………..cela ne doit surtout plus nous regarder !!!!!…  Mais aujourd’hui, soutenons le peuple grec et son gouvernement Syriza qui  » ose demander l’avis de son peuple pour rejeter les propositions des financiers »  Et contrairement à ce que nos médias insinuent, ce référendum ne pose    sûrement pas la question de sortir oui ou non de la zone euro

JP Duval

 

« Jean-Claude Juncker avait été celui qui, dès l’arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce, avait affirmé: «Dire que tout va changer parce qu’il y a un nouveau gouvernement à Athènes, c’est prendre ses désirs pour des réalités (…) Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens …»
Pour lui comme pour beaucoup d’autres, une alternance politique n’a pas vocation a entraîner des changements. Les élections nationales servent surtout à occuper les citoyens, à les distraire, elles sont pure comédie. Et d’une certaine façon, Juncker a raison. L’Union européenne a été bâtie de telle sorte que la démocratie en soit bannie. Il suffit de se plonger un peu dans la mécanique, dans le droit de l’Union, dans le fonctionnement de l’euro, pour s’en apercevoir. »
Coralie Delaume

APPEL AUX RHODIENS  » DE BONNE REFLEXION »

L’UDP Le Roeulx souscrit entièrement à cette initiative. Si vous désirez la soutenir, nous vous donnons rendez-vous à la date, endroit et heure indiquées. Nous comptons sur votre mobilisation

Les conseillers UDP de Le Roeulx

Marcel Couteau et Jean-Pierre Duval

Appel à constituer dans la Région du Centre, une plate-forme

Avec les Grecs

Les créanciers de la Grèce (FMI, Commission européenne et BCE) exigent du gouvernement Syriza qu’il continue à appliquer les mesures d’austérité qui ont jusqu’ici plongé le peuple grec dans une crise humanitaire profonde tout en aggravant la dette. Ils refusent que ce gouvernement mette en pratique la politique pour laquelle il a été désigné par une large majorité du Parlement. C’est une ingérence intolérable ; un déni de démocratie ; une atteinte à la souveraineté du peuple.

La solidarité avec les Grecs  s’exprime partout en Europe, y compris en Belgique, car leur résistance nous encourage à résister également aux diktats de la finance et des marchés.

Dans la Région du Centre aussi, une plate-forme de partis, de syndicats et d’associations se construit, sur la base de l’appel du collectif de Bruxelles, pour sensibiliser l’opinion et exprimer son soutien au peuple grec et à son gouvernement.

Des initiatives sont prévues. Une prochaine réunion se tiendra le mardi 18 août 2015 à 19h au Club Achille Chavée, 34, rue Abelville à La Louvière.

Qu’on se le dise !

 

                                   Appel de la Plateforme « Avec les Grecs »

La Grèce est la preuve concrète que les politiques d’austérité et de précarisation ne fonctionnent pas. Six années de coupes budgétaires sans précédent, de désinvestissement dans le secteur public et de politique salariale régressive ont conduit le pays au chaos. L’économie a reculé de 25% par rapport à 2010, la pauvreté a explosé, le taux de chômage est désormais de 26%, un jeune sur deux se retrouve sans travail, les services publics et le système de santé ont été démantelés…

Il faut absolument changer de cap. Poursuivre dans la même voie ne conduirait qu’à aggraver les inégalités et le chômage en Grèce. Or le même danger menace tous les autres pays de l’Union européenne.

Partout, il est donc nécessaire de donner la priorité à l’emploi, au redéploiement économique, via l’investissement public et des politiques de redistribution.

C’est pour réaliser ces tâches que les électeurs grecs viennent d’élire un nouveau gouvernement. Face à l’UE qui refuse de respecter ce choix démocratique, nous devons exprimer notre soutien sans faille au peuple de Grèce et exprimer notre opposition à ceux qui cherchent à lui imposer les mêmes recettes néolibérales : toujours plus d’austérité, toujours plus de chômage, toujours plus d’inégalités. La Grèce ne sortira du piège de l’endettement continu qu’en empruntant une voie qui, notamment, combattra la corruption et les injustices inacceptables du système fiscal.

La Grèce a le droit de rétablir les conventions collectives et le Code du travail démantelés par la Troïka ; la Grèce a le droit de prendre des mesures sociales d’urgence pour combattre la pauvreté et d’arrêter les privatisations ; la Grèce a le droit, comme tous les autres peuples d’Europe, de faire un audit de sa dette publique et d’exiger l’annulation des dettes illégitimes.

Contre le chantage des institutions néolibérales, marquons notre solidarité avec la Grèce, avec les mouvements sociaux, syndicaux et antifascistes – qui nous montrent à quel point des alternatives progressistes sont nécessaires en Europe.

OUI, une autre voie est possible – pour le bien de tous et de toutes, dans une vision de progrès économique et de justice sociale.

Les organisations et collectifs qui voudraient signer cet appel sont priés d’envoyer un message dans l’inbox. Merci!

PREMIERS SIGNATAIRES de la plate-forme bruxelloise :

Alter Summit Belgium, ACIDe, Acteurs des temps présents, D19 20, HART BOVEN HARD, Tout Autre Chose, La Centrale Générale FGTB/ De Algemene Centrale ABVV, ACOD-vrt, CGSP Wallonne, CSC Bruxelles Hal Vilvorde – Priorité aux travailleurs, Mouvement Ouvrier Chrétien, JOC Bruxelles, Métallos MWB-FGTB , Solidaris – Mutualité Socialiste, Cne-Gnc / Centrale nationale des employés , Attac Wallonie-Bruxelles, Attac Vlaanderen, Ander Europa, CADTM Belgique, Intal Globalize Solidarity, Femmes Prévoyantes Socialistes, Fewla, Vrede vzw, ZIN TV , Initiative de Solidarité avec la Grèce qui resiste – Bruxelles , CNAPD asbl, Global Social Justice, Vie Féminine Bruxelles, Allileggya Koinotita, Corporate Europe Observatory, la Plate-forme d’action Santé et Solidarité/Actieplatform Gezondheid en Solidariteit et le Centre Bruxellois de Promotion de la Santé (CBPS), Appel pour une école démocratique (Aped), Syriza Belgique, PTB/PVDA, Ecolo, PSL/LSP, ROOD!, Mouvement VEGA, Comunisti  Belgio (Federazione  Comunista del Belgio), Parti Humaniste (Belgique), LCR / SAP, Ligue Communiste des Travailleurs – Communistische Werkersbond, Parti Communiste, Vonk/Révolution, LEEF Herzele, Antarsya Belgique, Bloco d’Esquerda, Die Linke. BO Brüssel ,SEL Belgio , Izquierda Unida – Belgica, écolo j, Comac, Étudiants de Gauche Actifs – EGA, ,…

VOILA LA CONCEPTION DE LA VERITABLE DEMOCRATIE

Voilà ce que le néo-libéralisme veut empêcher….Que les gouvernements respectent la volonté du Peuple.  Et ce à tous les niveaux de pouvoir ( du communal à l’état)  Si nous ne nous réveillons pas maintenant,  il sera trop tard

ALLOCUTION DU PREMIER MINISTRE A. TSIPRAS AU PEUPLE GREC. LA CHOIX AU PEUPLE SOUVERAIN .#RÉFÉRENDUM

Publié le  par 

tsipras1435140842


Nous avons livré un combat dans des conditions d’asphyxie financière inouïes pour aboutir à un accord viable qui mènerait à terme le mandat que nous avons reçu du peuple. Or on nous a demandé d’appliquer les politiques mémorandaires comme l’avaient fait nos prédecesseurs. Après cinq mois de négociations, nos partenaires en sont venus à nous poser un ultimatum, ce qui contrevient aux principes de l’UE et sape la relance de la société et de l’économie grecque. Ces propositions violent absolument les acquis européens. Leur but est l’humiliation de tout un peuple, et elles manifestent avant tout l’obsession du FMI pour une politique d’extrême austérité. L’objectif aujourd’hui est de mettre fin à la crise grecque de la dette publique. Notre responsabilité dans l’affirmation de la démocratie et de la souveraineté nationale est historique en ce jour, et cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum en nous fondant sur la volonté du peuple grec. J’ai proposé au conseil des ministres l’organisation d’un référendum, et cette proposition a été adoptée à l’unanimité.
La question qui sera posée au référendum dimanche prochain sera de savoir si nous acceptons ou rejetons la proposition des institutions européennes. Je demanderai une prolongation du programme de quelques jours afin que le peuple grec prenne sa décision.

Je vous invite à prendre cette décision souverainement et avec la fierté que nous enseigne l’histoire de la Grèce. La Grèce, qui a vu naître la démocratie, doit envoyer un message de démocratie retentissant. Je m’engage à en respecter le résultat quel qu’il soit. La Grèce est et restera une partie indissoluble de l’Europe. Mais une Europe sans démocratie est une Europe qui a perdu sa boussole. L’Europe est la maison commune de nos peuples, une maison qui n’a ni propriétaires ni locataires. La Grèce est une partie indissoluble de l’Europe, et je vous invite toutes et tous à prendre, dans un même élan national, les décisions qui concernent notre peuple.

Traduction:Vassiliki Papadaki

CE QUE VOS QUOTIDIENS NE DIRONT PAS SUR LA GRECE…..

Document: l’intégralité des propositions grecques à la Commission Européenne

JEUDI, 25 JUIN, 2015
HUMANITE.FR
L’Humanité.fr publie l’intégralité des propositions du gouvernement grec soumises à la Commission Européenne. Ce sont les réformes et projets législatifs que le gouvernement entend entreprendre et mettre en œuvre pour sortir de l’impasse imposée par ses usuriers.

Monsieur le Président,

Vous trouverez ci-joint la proposition complète du gouvernement grec. Ce sont les réformes et projets législatifs que le gouvernement grec va entreprendre et mettre en œuvre avant la fin de l’extension de l’accord cadre d’assistance financière du 20 février 2015. De plus, j’aimerais vous informer du fait que la réponse du gouvernement grec aux exigences des institutions pour couvrir le déficit prévisionnel 2015-2016 a été absolue et complète.

Plus spécifiquement, l’évaluation des institutions a conclu que les mesures fiscales appropriées devraient permettre d’atteindre des objectifs budgétaires équivalents à 1 % du PIB en 2015 et à 2 % du PIB en 2016. Par conséquent, les mesures ci-jointes devraient atteindre 1,5 % du PIB en 2015 et 2,87 % du PIB en 2016.

Les propositions du gouvernement grec aux institutions européennes et au FMI prévoient une augmentation des ressources publiques, uniquement par des mesures paramétriques, à hauteur de 1,51 % du PIB pour 2015 et 2,87 % du PIB pour 2016.

En parallèle, les marges dégagées par les mesures administratives qui sont proposées vont compter, une fois cumulées, pour 0,91 % du PIB en 2015 et 1,31 % du PIB en 2016. Considérant les faits ci-dessus, il est clair qu’il n’y a pas de dérapage fiscal et que les objectifs prescrits ont été dépassés.

Bien cordialement,

Alexis Tsipras.

LES RÉFORMES POUR LA RÉUSSITE DU PROGRAMME ACTUEL ET AU-DELÀ.

Ce document présente un résumé complet des réformes et projets législatifs que le gouvernement grec va entreprendre avant la fin de la prolongation de l’accord-cadre d’assistance financière du 20 février 2015. Il est présenté aux partenaires de la Grèce dans le but de compléter la révision de l’accord actuel avec pour date butoir la fin juin 2015, dans le but que les Grecs et leurs partenaires puissent lancer un nouveau partenariat et ouvrir un nouveau chapitre pour la Grèce qui donne des perspectives au peuple, chez les jeunes et les chômeurs.

Ces propositions de réformes font partie d’une approche intégrée reposant sur trois piliers qui comprennent un nouvel accord financier et un soutien des partenaires européens à la croissance et à l’investissement. Sur le financement, l’achèvement de cette révision va débloquer des financements à court-terme qui permettront au gouvernement grec de respecter ses obligations immédiates et ainsi autoriser une stabilisation de l’économie. Il va aussi conduire à un accord sur le financement à moyen terme qui permettra à la Grèce de regagner durablement un accès au marché.

Ces réformes mettront du temps à porter leurs fruits tandis que la sortie de crise à long terme nécessitera des financements privés, la relance des flux d’investissements exigera un coup de pouce initial. La Grèce doit pouvoir bénéficier des moyens substantiels disponibles grâce au budget de l’UE et de la Banque européenne d’investissement pour soutenir les efforts de réforme et les investissements. Sur la période 2007-2013, la Grèce était éligible à des subventions à hauteur de 38 milliards d’euros, elle doit pouvoir bénéficier du montant restant actuellement sous cette enveloppe. Sur la période 2014–2020, plus de 35 milliards d’euros de fonds européens sont disponibles pour la Grèce. Pour aider à leur absorption, le plan européen d’investissement de la Commission européenne devrait fournir une source d’investissements additionnels ainsi qu’une assistance technique pour que les investisseurs privés ou publics puissent promouvoir et développer des projets fiables et de haute qualité à financer. Ces investissements aideront également l’État grec dans son combat contre la pauvreté, pour l’emploi et dans ses initiatives d’inclusion sociale. Nous comprenons que la Commission européenne est prête à adopter immédiatement un plan de cette nature et nous comptons sur le soutien des autres institutions européennes.

Les actions, législatives ou autres, énumérées ci-dessous, seront entreprises après consultation avec les institutions, dans la fidélité à l’esprit de la déclaration de l’Eurogroupe du 20 février 2015. Le gouvernement grec est prêt à confirmer par un vote au Parlement dans les tout prochains jours son soutien total à l’application de cette série de réformes, dont la nécessaire législation sur la TVA et d’autres mesures nécessaires pour atteindre les objectifs budgétaires fixés.

Affronter la crise sociale et renforcer la justice dans la société

La crise économique a eu un impact sans précédent sur la protection sociale des citoyens grecs. La plus urgente des priorités pour le gouvernement est de fournir un soutien immédiat aux plus vulnérables pour les soulager du poids de la crise économique. Un ensemble de mesures humanitaires sur la nourriture, le logement et l’accès à la santé a déjà été adopté, il est en cours d’application. Permettre aux gens de retourner au travail, éviter l’enracinement du chômage de longue durée relève d’une mission collective. Les autorités, en collaboration avec les partenaires européens, vont initier des mesures pour favoriser la création de 50 000 emplois, en ciblant les jeunes, les femmes, les seniors et les chômeurs de longue durée.

Pour une société plus juste, il faudra que la Grèce améliore son système de protection sociale, avec un filet de sécurité orientant les ressources limitées vers ceux qui en ont le plus besoin. Un régime de revenu minimum garanti ne devrait pas sur le long terme reposer sur la réduction des prestations en nature, notionnelles au revenu réel, sous réserve des règles minimales de cotisation requises (iii), réviser et rationaliser tous les différents systèmes de base (iv), les principaux éléments d’une consolidation des fonds de sécurité sociale (SSFs), y compris toute harmonisation restante des cotisations, des règles de versements des prestations, des règles et des procédures d’un fonds à l’autre (v), l’abolition de la plupart des charges au nom de « tiers » (frais de nuisance) dans le financement des retraites et des compensations en réduisant les prestations ou en augmentant les cotisations aux fonds spécifiques avec effet à partir de [spécifier] ; et (vi) harmoniser les règles des prestations de retraite du fonds agricole (OGA) avec le reste du système de retraite d’une manière proportionnelle (à moins qu’OGA soit fusionné avec d’autres fonds). Cela doit être fait après consultation avec les partenaires sociaux et en plein accord avec les institutions.

La fusion des caisses d’assurance sociale se déroulera en deux phases sur une période de trois ans. En 2015, cette démarche se concentrera sur la fusion des caisses d’assurance sous une seule et même entité, et la première phase de leur fusion opérationnelle se terminera le 31 décembre 2016. L’objectif sera de sécuriser les prochaines réductions de dépenses de fonctionnement grâce à une gestion plus efficace des ressources des caisses, ce qui implique d’équilibrer les besoins entre les fonds les mieux dotés et les moins bien dotés. La codification du droit des assurances s’achèvera dans un futur immédiat et correspondra à l’organisation, plus intégrée, du système de sécurité sociale rénové. Enfin, le gouvernement prendra les mesures nécessaires pour compenser l’impact budgétaire provoqué par le récent jugement de la Cour constitutionnelle à propos des éléments des retraites de 2012.

Mesures budgétaires paramétriques supplémentaires

Le gouvernement, dans le cadre du budget complémentaire qui doit être adopté en juin 2015, adoptera une série de mesures fiscales paramétriques supplémentaires qui auront un impact durable sur les finances publiques (voir annexe 1 pour une liste des mesures et des recettes). Cela inclura :

• Réduire les dépenses militaires de 200 millions d’euros avec un ensemble d’actions ciblées ;

• Augmenter, en 2015, la contribution de solidarité, dont les taux doivent être progressifs. En septembre 2015, les autorités reverront également l’architecture du Code de l’impôt sur le revenu pour les revenus de 2016, afin d’atteindre plus efficacement la progressivité du système d’impôt sur le revenu, tout en simplifiant le barème du crédit d’impôt sur le revenu ;

• Introduire une réforme du Code de l’impôt sur le revenu, couvrant, entre autres, l’imposition du capital, les instruments de placement, les agriculteurs et les travailleurs indépendants ;

• Augmenter l’impôt sur les sociétés de 26 % à 29 % en 2016 ;

• Pour des raisons de justice sociale, aucune mesure ponctuelle supplémentaire pour atteindre les objectifs budgétaires ne devrait peser sur les pauvres. En ce sens, la taxe spéciale sur les bénéfices des sociétés supérieurs à 500 000 euros devrait s’établir à 12 % comme une mesure ponctuelle pour répondre à l’objectif budgétaire pour 2015 ;

• Introduire une taxe sur les publicités à la télévision, et un appel d’offres public international sera publié pour l’acquisition de licences de télévision en échange d’une redevance pour l’acquisition et l’utilisation des fréquences concernées ;

• Étendre la mise en œuvre de la taxe sur les produits de luxe, sur les bateaux de plaisance de plus de 10 mètres et l’augmentation de son taux de 10 à 13 %, avec une entrée en vigueur à partir de la collecte de l’impôt sur le revenu 2014 et au-delà ;

• En cas de révision de la valeur de la propriété foncière dans une zone, ajuster les taux de l’impôt foncier si nécessaire pour préserver les revenus 2015 et 2016 de l’impôt foncier à 2,65 milliards d’euros et ajuster la taxe alternative minimum sur le revenu individuel ;

• Renforcer la collecte de la TVA faisant l’objet de fraude carrousel notamment par l’application de mesures de lutte contre la fraude. Les autorités présenteront une demande au comité TVA de l’UE et prépareront une évaluation des effets d’un relèvement du seuil de la TVA à 25 000 euros,

• Mettre en place des déductions fiscales spéciales pour les résidents permanents sur les îles grecques dont les niveaux de revenus sont faibles ;

• Promouvoir le recours aux paiements électroniques, en faisant usage des fonds structurels et d’investissement européen pour faciliter l’adoption de ces pratiques ;

• Éliminer la retenue à la source transfrontalière introduite par la loi sur les versements (loi XXXX / 2015) et annuler les récentes modifications au Code de l’impôt sur le revenu dans la loi sur l’administration publique ( loi XXXX / 2015) , y compris le traitement spécial du revenu agricole ;
• Le gouvernement mettra en œuvre la fiscalité sur le produit brut des jeux (PBJ), avec une taxe de 30 % sur les machines à sous qui devrait entrer en vigueur pour le second semestre 2015 et en 2016 ;

• Générer des revenus par le biais de la délivrance de licences 4G et 5G et aussi contracter des remises pharmaceutiques.

Les réformes de l’administration fiscale

La capacité de perception des impôts a été entravée par une longue histoire de législation compliquée. Mauvaise administration, ingérence politique et amnisties généreuses, avec une imposition souffrant d’une faiblesse chronique. Pour rompre avec ces pratiques et améliorer la culture de paiement de l’impôt, les autorités veulent :

• Adopter une législation créant un organisme fiscal et douanier indépendant qui sera complètement fonctionnel d’ici la fin juin 2016 ;

• Mettre en œuvre des mesures de lutte contre l’évasion et la fraude fiscale et renforcer l’imposition par l’amélioration des outils de collecte tels que les saisies-arrêts ;

• Modifier la législation sur les versements à l’exclusion de ceux qui ne parviennent pas à s’acquitter de leur dette et réduire les délais de paiement pour ceux qui ont la capacité de payer plus tôt ;

• Combattre la contrebande de carburant, en adoptant des mesures législatives pour localiser les réservoirs de stockage (fixes ou mobiles), qui sont utilisés pour déplacer l’essence de contrebande ;

• Intensifier les contrôles sur les transactions bancaires, avec la mise en œuvre d’un plan combiné pour détecter des dépôts issus de revenus non déclarés de citoyens grecs pour la période 2000-2014 dans les établissements bancaires en Grèce ou à l’étranger, en progressant à partir de septembre 2015 vers l’authentification des impôts impayés et le début de leur recouvrement ;

• Prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées en vue de la collecte en temps opportun des catégories de recettes publiques, y compris les amendes pour non-respect du contrôle technique automobile, pour les véhicules non assurés et les prélèvements pour l’utilisation non autorisée de fréquences ;

• Promulguer des dispositions immédiates pour percevoir les impôts dus sur des biens non déclarés qui seront révélés aux autorités grecques en liaison et en accord avec les autorités des pays où ces montants sont déposés par les citoyens grecs ;

• Adopter des mesures pour restructurer le cadre juridique existant du recouvrement de l’impôt, y compris en modifiant la législation actuelle afin de fournir à l’administration fiscale la possibilité de planifier ses priorités en matière de contrôle fiscal sur la base de l’analyse des risques et non pas, comme c’est le cas actuellement, sur la base de l’année d’ancienneté (c-à-d. l’année de radiation). L’option de radier les vieilles créances irrécouvrables sera mise en place par la loi pour faciliter le contrôle de ces cas les plus susceptibles de produire des revenus ;

• Laisser la possibilité d’un règlement administratif des cas qui n’ont pas encore été examinés par les tribunaux et sont pendants à différentes étapes d’une procédure administrative ou judiciaire en vue de finaliser irrévocablement le montant de la dette et à authentifier et collecter immédiatement.

Gestion des finances publiques

Les autorités s’engagent à poursuivre les réformes qui visent à améliorer les contrôles du processus budgétaire et des dépenses, l’apurement des arriérés, et le renforcement des rapports de gestion budgétaire et de trésorerie. Les autorités adopteront encore des réformes des codes de l’impôt sur le revenu et des procédures fiscales, avec l’introduction d’une nouvelle loi pénale sur l’évasion fiscale et la fraude.

La deuxième phase des amendements à la loi organique relative aux lois de finances sera adoptée immédiatement afin que la Cour des comptes limite les audits ex ante, à condition qu’un mécanisme ex ante efficace pour les audits soit mis en place.

Le Conseil fiscal sera pleinement opérationnel.

Les autorités présenteront un plan pour procéder à l’apurement des arriérés, aux remboursements d’impôt et au traitement des demandes de pension d’ici à la fin 2016. Le gouvernement fera en sorte que les cotisations de sécurité sociale inscrites au budget soient transférées des fonds de sécurité sociale aux fonds de santé et aux hôpitaux de manière à éliminer le stock des arriérés liés à la santé.

Sur les soins de santé, un certain nombre de mesures seront prises immédiatement pour : (i) rétablir la pleine prescription en dénomination commune internationale (DCI), sans exceptions ; (ii) réduire le prix de tous les médicaments hors brevet et de tous les génériques du prix du brevet, en abrogeant la clause d’antériorité pour les produits médicaux qui étaient déjà sur le marché en 2012 ; (iii) examiner et limiter les prix des tests de diagnostic pour mettre les dépenses structurelles en conformité avec les objectifs de recouvrement ; (iv) collecter complètement le recouvrement 2014 pour les cliniques privées, les diagnostics et les produits pharmaceutiques, et étendre les plafonds de recouvrement de 2015 à 2016.

Préserver la stabilité financière

Toutes les actions politiques nécessaires seront prises pour préserver la stabilité financière globale et les autorités restent déterminées à préserver suffisamment de liquidités dans le système bancaire en conformité avec les règles de l’Eurosystème, y compris par la présentation trimestrielle des plans de financement à la Banque de Grèce pour assurer le suivi et l’évaluation continue.

La gestion privée des banques grecques sera respectée, et le gouvernement n’interviendra pas dans le processus décisionnel et dans la gestion au jour le jour des banques, qui continueront à fonctionner selon les principes du marché. Les administrateurs et les hauts cadres des banques seront nommés selon le cadre existant et en conformité avec la législation de l’UE et les meilleures pratiques internationales, en tenant compte des règles spécifiques de la loi sur le Fonds hellénique de stabilité financière en ce qui concerne les droits des actionnaires privés qui ont participé à des augmentations de capital des banques dans ce cadre. L’indépendance du Fonds hellénique de stabilité financière sera pleinement respectée. Aucune décision de politique budgétaire qui porterait atteinte à la solvabilité des banques ne sera prise.

Les autorités grecques vont légiférer sur le cadre de l’insolvabilité des entreprises et des ménages, avec des réformes l’harmonisant avec les bonnes pratiques internationales ; elles introduiront une profession d’administrateur judiciaire, non limitée à une profession spécifique, en conformité avec une bonne expérience transfrontalière ; elles modifieront la loi sur les règlements à l’amiable et développeront une stratégie globale pour le système financier.

Cette stratégie visera le retour des banques à la pleine propriété privée en attirant des investisseurs internationaux et l’achèvement à moyen terme d’un modèle de financement durable. Les autorités vont continuer à développer et à mettre en œuvre rapidement une stratégie globale pour traiter la question des prêts irrécouvrables, en s’appuyant sur l’expertise de conseils stratégiques externes tant pour le développement de la stratégie que pour sa mise en œuvre. Elle comprendra également la création d’un filet de sécurité sociale, avec des mesures de soutien pour les débiteurs les plus vulnérables (notamment un moratoire temporaire sur les ventes aux enchères), en distinguant les emprunteurs volontairement défaillants des débiteurs de bonne foi, en renforçant et en simplifiant les procédures pour traiter à temps les arriérés importants.

Les marchés du travail

Au cours des dernières années, des changements importants ont été apportés aux institutions du marché du travail grec et aux systèmes de négociation salariale. Les autorités grecques se sont engagées à réaliser mettre en œuvre les meilleures pratiques de l’UE en matière de législation du marché du travail, par un dialogue constructif entre les partenaires sociaux. Cette approche ne doit pas seulement réaliser l’équilibre entre flexibilité et équité pour les salariés et les employeurs, elle doit aussi prendre en considération le nombre très élevé de chômeurs. Ceci peut être réalisé par la modernisation de la législation, à travers un processus de consultation des partenaires sociaux et en tirant profit du travail de think tanks ainsi que de celui d’organisations internationales telles que l’OCDE et l’OIT.

Les autorités examineront à travers un processus de consultation, les cadres existants pour la négociation collective et les relations au travail, en tenant compte des meilleures pratiques ailleurs en Europe. Des organisations internationales, y compris l’OIT, pourront contribuer à cet examen. En outre, les autorités prendront des mesures pour lutter contre le travail non déclaré dans le but de renforcer la compétitivité des entreprises et de protéger les travailleurs ainsi que les recettes fiscales et de sécurité sociale.

Les marchés de produits

Des marchés plus ouverts sont essentiels pour améliorer l’équité sociale en réduisant les comportements rentiers et les monopoles, qui se traduisent par des prix plus élevés et des niveaux de vie inférieurs. Les autorités vont intensifier leurs efforts pour mener à bien les principales initiatives et propositions de réforme, en misant sur l’expertise technique des institutions, y compris l’OCDE et la Banque mondiale. Les autorités devront légiférer pour :

• Mettre en œuvre les outils révisés de l’OCDE qui, faisant suite aux travaux de l’OCDE en collaboration avec les autorités grecques, comprendront une diversité de marchés de produits et d’autres domaines de réformes structurelles ;

• Ouvrir les professions réglementées et libéraliser les marchés spécifiques, y compris ceux des locations touristiques et du transport par ferry ;

• Éliminer certains frais de nuisance que les entreprises et les particuliers sont appelés à payer et qui sont disproportionnés par rapport au service qu’ils reçoivent ;

• Réduire les formalités administratives, y compris sur les exigences d’octroi de licences horizontales pour les investissements et les activités à faible risque, en collaboration avec la Banque mondiale, établir un comité pour la préparation de la législation.

La réforme des retraites

Les réformes des retraites de 2010 et 2012 ont partiellement amélioré la durabilité du système de retraites, qui était auparavant fragmenté, coûteux et basé sur des charges insoutenables renvoyées aux générations futures. Mais au-delà, des mesures beaucoup plus ambitieuses et courageuses sont requises pour compléter ces réformes et lutter contre les risques que les conséquences de la crise font peser sur le système de retraites, avec la chute des cotisations liée aux niveaux élevés de chômage, tandis que la pression des dépenses devient plus forte, de nombreux citoyens optant pour une retraite anticipée. Pour répondre à ces questions, les autorités se sont engagées à procéder à des réformes en deux phases.

Un premier paquet de mesures sera adopté immédiatement, visant 1,05 % du PIB en économies additionnelles par an d’ici à 2016. L’impact budgétaire des mesures énumérées ci-dessous passera à 1,1 % du PIB en 2017. Avec ces objectifs, les autorités vont:

• Adopter une législation pour créer de fortes contre-incitations à la retraite anticipée en ajustant les pénalités pour retraite anticipée et en éliminant progressivement la possibilité de partir avant l’âge légal de la retraite et les voies de départ anticipé à la retraite, dispositions applicables à tous ceux qui prennent leur retraite (sauf pour les professions pénibles, les mères avec des enfants handicapés et d’autres catégories très spécifiques) après le 1er janvier 2016. Grâce à un décret immédiatement mis en œuvre, des dispositions seront prises pour l’adaptation progressive de règles de retraite anticipée telles que d’ici 2025 le plus jeune âge de départ à la retraite soit de 67 ans, tout en préservant les droits acquis. Les retraits du fonds d’assurance sociale feront encourir une pénalité pour la période de prolongation de l’âge de la retraite équivalente à 10 points de pourcentage au-dessus de la peine actuelle de 6 % ;

• Intégrer tous les fonds de pension complémentaires dans le Fonds unifié d’assurances complémentaires ;

• Mieux cibler les pensions sociales en augmentant les pensions agricoles des retraités non assurés et réorienter ainsi les ressources vers ceux qui en ont besoin ;

• Remplacer progressivement l’allocation de solidarité pour les pensions, entre 2018 et 2020. Cette réforme sera liée à la deuxième phase de la réforme des retraites prévue en septembre 2015 et pourra bénéficier du réexamen prévu du système de protection sociale, lorsque la dotation de solidarité est remplacée par un cadre approprié qui fournit un soutien ciblé à des retraités qui en ont besoin

• Augmenter la contribution santé des retraités à 5 % en moyenne, en tenant compte de la capacité de payer. Cela devrait également concerner les retraites complémentaires ;

• Augmenter les cotisations de santé pour les retraites complémentaires de 0 % à 5 % ;

• Augmenter le taux de cotisation de sécurité sociale pour les fonds supplémentaires de 3 % à 3,5 % ;

• Accroître la contribution des pensions principales de 3,9 % – IKA (niveau précédent).

Pour compléter l’ensemble, les autorités vont, dans la deuxième phase des réformes, établir, à partir d’octobre 2015, un lien plus étroit entre cotisations et bénéfices dans le cadre de l’intégration et du financement tripartite des fonds exceptionnels. Dans la conception de ces réformes, le gouvernement fera en sorte que le fardeau de l’ajustement soit juste, pour protéger les ménages les plus vulnérables tout en évitant des charges excessives sur les générations futures, et favorisera l’établissement d’un lien clair entre les cotisations et les droits de manière à inciter au travail déclaré et à prolonger la vie active. À cette fin, les autorités, se fondant sur une étude actuarielle et en collaboration avec le Groupe de travail de l’UE sur le vieillissement, va légiférer :( i) sur une conception spécifique et des améliorations paramétriques pour établir un lien étroit entre cotisations et prestations ; (ii) sur l’élargissement et la modernisation de la base de cotisation et de pension pour tous les travailleurs indépendants, y compris par la commutation à partir de laquelle la Grèce dépense actuellement bien moins que la moyenne européenne. Les autorités prévoient de bénéficier de l’assistance technique fournie par des organisations internationales.

Des finances publiques durables qui soutiennent la croissance et l’emploi

Les finances publiques ont maintenant une assise plus durable que durant la période pré-crise, bien que la situation budgétaire se soit détériorée au cours des derniers mois en raison des incertitudes. Cette consolidation a exigé, cependant, une réduction dramatique des investissements et des services publics essentiels, qui devront se relever progressivement afin de soutenir le potentiel de croissance. En outre, le fardeau de l’ajustement budgétaire a pesé plus lourd sur certains groupes, en particulier les travailleurs. Cela sera corrigé par l’élargissement de l’assiette fiscale, la suppression des échappatoires et des exemptions qui ont dispensé certains groupes de porter une part équitable du fardeau de l’ajustement.

Les autorités grecques s’engagent à assurer des finances publiques viables et durables et des excédents primaires à moyen terme qui permettront de réduire la dette régulièrement, en conformité avec les excédents primaires d’autres économies de la zone euro dont les niveaux d’endettement public sont élevés. La trajectoire des objectifs budgétaires est compatible avec les taux de croissance attendus de l’économie grecque, qui se remet de sa pire récession enregistrée. Pour démontrer son engagement en faveur de politiques budgétaires crédibles, les autorités grecques :

• à compter du 1er juillet, adopteront un budget complémentaire pour 2015 et une stratégie budgétaire à moyen terme 2016-19, soutenue par un ensemble de mesures évaluables et crédibles ;

• poursuivront une nouvelle trajectoire budgétaire fondée sur un excédent primaire de 1, 2, 3 et 3,5 % du PIB respectivement en 2015, 2016, 2017 et 2018 ;

• fonderont leur stratégie budgétaire sur les mesures paramétriques qui équivalent à quelque 2,87 points de PIB d’ici à 2016, dont 0,74  point du PIB proviendrait d’une simplification importante du système de la TVA et 1,05 % du PIB proviendrait d’une réforme structurelle des retraites. Un paquet supplémentaire de mesures paramétriques fourniront 1,08 % du PIB, y compris les réformes attendues depuis longtemps pour combler les lacunes du système fiscal et réduire les dépenses sur des postes comme la défense, où de nouvelles économies sont encore possibles.

Ces mesures paramétriques seront soutenues par un large éventail de mesures administratives visant à combler les failles dans la collecte de l’impôt : ces mesures mettront du temps à porter leurs fruits, mais offriront un rendement financier significatif à l’avenir.

Réformes de la TVA

La Grèce dispose d’un système de TVA très fragmenté. Dans le cadre de leur engagement à améliorer la collecte de la TVA, les autorités devront adopter des lois modifiant les paramètres pour élargir considérablement la base de l’impôt à un taux standard de 23 %. Reflétant le besoin de protéger le revenu disponible des ménages à faibles et moyens revenus, un taux réduit de 13 % sera appliqué à un ensemble limité de produits incluant l’énergie, les aliments de base, la restauration et, pour des raisons de compétitivité, l’hôtellerie. Il y aura également un taux super-réduit de 6 % sur les produits médicaux et les livres. Dans le cadre des efforts visant à favoriser l’équité, la réforme permettra d’éliminer les réductions, y compris sur les îles, et de rationaliser les exemptions. Ces modifications législatives de paramètres vont générer un rendement financier annuel de 0,74 % du PIB et seront combinées à des mesures administratives pour combattre la fraude et accroître la conformité.

Privatisations

Les autorités grecques se sont engagées à approuver et à procéder à un ambitieux programme de privatisations. La politique de privatisations et l’utilisation des biens publics et privés seront soumises aux conditions suivantes :

• Un niveau minimum d’investissement pour chaque privatisation ;

• La protection des droits du travail ;

• Des engagements afin d’assurer des avantages aux économies sociales locales ;

• La participation publique (probablement une minorité) significative dans le capital ;

• La protection de l’environnement naturel et du patrimoine culturel.

Les objectifs annuels (à l’exclusion des actions bancaires) pour 2015, 2016 et 2017 sont respectivement de 1,4 milliard d’euros, 3,7 milliards d’euros et 1,2 milliard d’euros. Parmi les autres mesures, les autorités prendront des mesures irréversibles immédiates pour la vente d’aéroports régionaux [des terrains de l’ancien aéroport d’Hellinikon], pour finaliser les termes de la vente des ports du Pirée et de Thessalonique et de l’opérateur ferroviaire, et pour avancer sur l’offre de concession de l’aéroport international d’Athènes. Pour les projets immobiliers, le Fonds de développement des avoirs de la République hellénique fixera des objectifs annuels compatibles avec l’objectif global de recettes de privatisation.

Énergie

Les autorités vont adopter la réforme du marché du gaz et sa feuille de route spécifique, et la mise en œuvre devrait suivre. Elles adopteront et mettront en œuvre la réforme des paiements de capacité et d’autres règles du marché de l’électricité, reverront les tarifs de PPC [la Compagnie publique d’électricité] en fonction des coûts et notifieront les produits de la nouvelle organisation du marché de l’électricité. Les autorités vont également continuer la mise en œuvre de la feuille de route pour le modèle cible de l’UE dans le marché de l’électricité conformément aux règles de l’UE sur le dégroupage, et en prenant toutes les mesures possibles pour accroître la concurrence dans la production et la promotion de l’investissement.

Les autorités devront préparer un cadre pour le soutien aux énergies renouvelables et pour revoir la fiscalité de l’énergie. Les autorités devront apurer les arriérés du secteur public de PPC et renforcer l’indépendance financière et opérationnelle de l’organisme de réglementation de l’électricité. Les autorités vont introduire un nouveau régime pour le développement de projets de sources d’énergies renouvelables (SER) et pour la mise en œuvre de projets d’efficacité énergétique. Le gouvernement présentera une loi de ratification de la directive 27/2012 sur l’efficacité énergétique et introduira un nouveau plan pour la mise à niveau des réseaux d’électricité afin d’améliorer les performances, améliorer l’interopérabilité et réduire les coûts pour toutes les catégories de consommateurs.

Administration publique

Les autorités devront adopter une législation pour une réforme de la grille salariale unifiée à compter du 1er janvier 2016, en conformité avec les objectifs de la masse salariale convenus, y compris la décompression de la distribution des salaires dans le cadre de la compétence, la performance et la responsabilité du personnel. Des actes législatifs secondaires sont nécessaires pour mettre en œuvre la nouvelle grille des salaires unifiée, avec un point de départ garanti des salaires de chaque employé à partir du 31/12/2014, et une législation visant à rationaliser les grilles de salaires spécialisés sera adoptée d’ici fin novembre 2015. Les autorités définiront un kit de plafond des salaires dans les nouveaux MTFS, et le niveau de l’emploi public sera compatible avec la réalisation des objectifs budgétaires et la trajectoire décroissante de la masse salariale par rapport au PIB jusqu’en 2019. Ils aligneront les avantages non salariaux dans l’administration publique avec les meilleures pratiques de l’UE.

Les autorités vont examiner et mettre en œuvre la législation pour les responsables de recrutement et l’évaluation du rendement de tous les employés, et compléter l’embauche de nouveaux responsables de recrutement d’ici à la fin de l’année. Ils vont continuer à identifier les cas passés d’embauches illégales et d’injonctions temporaires, et prendre des mesures appropriées.

Justice

Les autorités vont légiférer et mettre en œuvre le nouveau Code de procédure civile en accord avec les institutions. Elles vont proposer de nouvelles mesures pour réduire l’arriéré des affaires dans les tribunaux administratifs. Les autorités continueront aussi à travailler en étroite collaboration avec les institutions européennes et l’assistance technique sur la modernisation du système judiciaire, y compris par des initiatives dans le domaine du e-gouvernement (e-justice), de la médiation et des statistiques judiciaires.

Lutte contre la corruption

Les autorités vont examiner et présenter un nouveau plan stratégique contre la corruption (transparence) à la fin juillet. À cette fin, elles ont mis en place un groupe de travail avec la participation de représentants du ministère de la Justice et du secrétariat général pour la lutte contre la corruption.

Les autorités vont modifier et mettre en œuvre le cadre juridique de la déclaration de patrimoine et du financement de l’intervention politique dans des cas individuels. Elles devront également assurer une bonne coordination et le partage d’informations entre les organes d’enquête par un organe de coordination entre les procureurs des finances et les procureurs anti-corruption.

Statistiques : Les autorités grecques devront adopter une législation pour renforcer la gouvernance et l’indépendance d’ELSTAT, et assurer son bon accès aux données administratives.

 

ANNEXE 1

Mesures fiscales 2015/2016

Mesures analytiques paramétriques / GrGov

TVA: 0,38 % / 0,74 %

Réforme de la TVA : 680/1360

PENSIONS: 0,37 % / 1,05 %

Restrictions des retraites anticipées (comptabilité d’exercice) : 60/300

Augmentation de la contribution pour les retraites principales de 3,9 % – IKA (niveau de l’année précédente): 350/800

Augmentation des cotisations de santé pour les retraités de 4 % à 5 % – principale : 135/270

Augmentation des cotisations de santé pour les retraités de 0 % à 5 % – complémentaire : 0/240

Augmentation de la contribution de fonds supplémentaires de 3 % à 3,5 % : 120/250

ENTREPRISES & IMPÔT : 0,66 % / 0,58 »%

Taxe spéciale de 12 »% sur les bénéfices des sociétés au-dessus de 0,5 million : 945/405

Augmentation de l’impôt sur le revenu des sociétés de 26 % à 29 % : 0/410

Augmentation du taux de contribution de solidarité au PIT : 220/250

Autres mesures : 0,10 % / 0,50 %

Dépenses de défense : 0/200

Taxe sur la publicité : 100/100

Augmentation de la taxe sur les produits de luxe, y compris yachts privés : 47/47

ALV : 35/225

Licences 4G et 5G : 0/350

Mesures paramétriques : 2692/5207

% PIB : 1,51 % / 2,87 %

AUJOURD’HUI 13H30 RV à Bruxelles Bd de L ‘Imperatrice

Aider, faire respecter le choix démocratique du Peuple grec pour une autre politique que celle imposée par les banques et milieux d’affaires qui paupérisent les peuples européens, c’est aussi nous aider.

Les mêmes politiques produisent les mêmes effets.

Hier, nous étions tous  » Charlie », aujourd’hui, soyons tous  » Grecs »

 

UDP  Le Roeulx